Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Le marché du petit veau reste très encombré. Les prix ont progressé, mais s’établissent à de bas niveaux. La demande française est limitée par un secteur du veau de boucherie en crise. Les exportations progressent mais principalement à des prix faibles vers l’Espagne. L’arrivée du pic saisonnier des naissances ne promet aucune amélioration à l’automne.

Malgré une légère hausse, les prix restent très bas

Le veau mâle de type lait de 45-50 kg cotait 82 €/tête en semaine 27. Il a gagné 10 € depuis la semaine 23, mais reste très bas : -29 € ou -26% par rapport à la mauvaise année 2019 et -65 € ou -44% /2018. La demande nationale est plombée par la morosité du secteur veau de boucherie, premier débouché des mâles de type lait. De même, les filières JB et bœufs de type lait poursuivent leur érosion.

Les prix ne devraient pas monter davantage puisqu’à la mi-juillet, les cours plongent habituellement dès lors que l’offre s’étoffe.

Les naissances approchent du pic saisonnier

En mai, 232 000 veaux de mère de type laitier sont nés, soit plus que le faible niveau 2019 (+3,8%) mais nettement moins qu’en 2018 (-10%). La campagne qui court depuis juillet 2019 a totalisé 3 177 000 naissances, soit -1,1% /2019, en ligne avec l’érosion du cheptel de mères de type laitier (-3,2% /2018). Les premières remontées indiquent une offre toujours en légère hausse début juin par rapport à 2019.

Sur la campagne en cours, la part de Croisés lait-viande poursuit sa progression des dernières années. Elle atteint +21% contre +18% en 2018-2019 et +14% en 2015-2016. La hausse du croisement reflète la stratégie des éleveurs laitiers de développer le croisement pour mieux valoriser les mâles nés sur l’exploitation.

Des exports record malgré le confinement

Le dynamisme des exportations de veaux de mère laitière ces dernières années ne se dément pas en mai avec 16 000 têtes expédiées, soit +10% /2019 et +28% /2018. Les envois ont totalisé depuis janvier 115 000 têtes, soit +13 000 ou +12% /2019 et +20% /2018. Alors que l’offre se réduit, ce débouché prend de l’ampleur.

Le marché espagnol absorbe des volumes conséquents mais à bas prix

Le marché espagnol absorbe l’écrasante majorité des veaux français expédiés, mais à des prix très bas. La cotation espagnole du Frison de moins d’un mois a gagné +2 centimes en semaine 26, mais reste inférieure aux niveaux des années précédentes. Elle s’est établie à 95 €/tête, soit -9% par rapport au très bas niveau 2019 et -33% /2018.

Ainsi, la filière viande bovine espagnole valorise de plus en plus de veaux français. Toutefois, le marché ibérique des bovins finis est morose : ce débouché ne soutiendra pas les prix français.