Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Les cours des broutards français se maintiennent à un bon niveau en raison d’une offre limitée et d’une demande stable. Les exportations de femelles continuent de progresser alors que les envois de mâles sont stables. Le recul des naissances se poursuit en lien avec l’érosion du cheptel.

Progression saisonnière des cotations

Après un 1er semestre globalement tendu, les cotations des broutards français connaissent une hausse saisonnière habituelle et se maintiennent à des niveaux similaires à 2018. En semaine 22, le mâle charolais U de 450 kg, type Italie, cotait 2,69 €/kg vif (+3% /2018) et le mâle charolais U de 350 kg, type France, 2,84 €/kg vif (= /2018). Constat similaire en race limousine, le mâle de 300 kg cotait 3,18 €/kg vif, soit 8% de mieux qu’en 2018.

Cotation du mâle charolais de 450 kg

Les cotations des femelles se maintiennent également à un niveau stable et plutôt élevé. En semaine 22, la Charolaise U de 270 kg atteignait 2,68 €/kg vif, soit +3% /2018, +6% /2017 et +13% /2016. Sur la même semaine, la Charolaise U de 400 kg a atteint 2,53 €/kg vif, soit +5% /2018, +6% /2017 et +15% /2016. La cotation de la Limousine E de 270 kg est inchangée depuis janvier. A 2,79 €/kg vif, elle est en léger recul sur 2018 : -1% mais en progrès de +2% par rapport à 2017 et 2016.

Des disponibilités toujours limitées

Les effectifs de mâles de race allaitante de 6 à 12 mois sont en hausse par rapport au très faible niveau de 2018, mais en repli par rapport à 2017 et 2016. Les faibles effectifs du 1er semestre 2018 découlaient de l’effondrement des naissances de fin 2017. Au 1er mai 2019, la BDNI dénombrait 510 000 mâles de race à viande de 6 à 12 mois, soit +7% /2018 mais -3% /2017.

Dans la droite ligne du repli des naissances observé depuis janvier, les effectifs de mâles de race allaitante de 0 à 6 mois sont en net repli à 1,020 million de têtes (-4% /2018, -7% /2017 et -9% /2016) Ce phénomène est présent dans toutes les grandes races, mais il est particulièrement marqué pour la race charolaise. Au 1er mai 2019, la BDNI dénombrait 416 000 broutards charolais, soit -5,5% /2018, -9,5% /2017 et -13,5% /2016.

Le repli des naissances se poursuit

Le bilan de la campagne de naissances 2018-2019 montre un repli significatif des naissances de veaux de mère allaitante. Il est difficile de comparer l’évolution des naissances avec la campagne 2017-2018, singulièrement perturbée par une infertilité d’origine sanitaire. La comparaison avec 2016-2017 est plus explicite : depuis juillet 2018, les naissances de veaux allaitants sont systématiquement inférieures à 2016-2017. Sur juillet 2018-avril 2019, les naissances de veaux allaitants ont atteint 3,191 million de têtes, soit un repli de 7% d’une campagne à l’autre.

Ce recul des naissances est avant tout explicable par le repli du cheptel de mères, qui devrait se poursuivre dans les mois à venir.

Export dynamique grâce aux femelles et à l’Algérie

Sur les 4 premiers mois de 2019 la France a exporté 404 000 bovins allaitants de 4 à 16 mois, soit +2,5% / 2018. Cette progression s’explique par la croissance continue des exportations de femelles égales à 151 000 têtes sur 4 mois (+7% /2018, +6,5% /2017 et +16% /2016). Les envois de mâles sont quant à eux stationnaires à 253 000 têtes sur la même période. La demande italienne reste stable alors que la demande espagnole est pénalisée depuis l’été dernier par la crise du marché turc.

Exportations de bovins maigres sur 4 mois

Dans les pays tiers, les situations de marchés sont contrastées. Les opportunités sont à saisir dans les pays du Maghreb. L’Algérie en premier lieu a acheté 22 000 broutards français sur janvier-avril (+22% /2018). Le marché algérien permet de soutenir les cours des broutards lourds et en particulier des races rustiques. Entre janvier et avril, 2 300 animaux ont également été expédiés vers  la Tunisie (1 500 en 2018) et 1 100 vers le Maroc (500 en 2018). Des flux réguliers pourraient se maintenir dans les prochains mois, notamment vers l’Algérie, si les problématique sanitaires (FCO en France et la fièvre aphteuse en Algérie) restent maîtrisées.

Au Moyen-Orient l’export reste difficile. Toujours empêtrée dans une crise monétaire, la Turquie avait annoncé la fermeture de son marché au 1er janvier 2019. Elle continue pourtant d’importer des broutards principalement sud-américains, mais à un rythme ralenti par rapport à 2018. Sur les 4 premiers mois de l’année 2019, la Turquie a acheté 192 000 broutards contre 399 000 l’an passé. Il est difficile d’envisager une reprise des exportations françaises sur ce marché à court terme. Le marché israélien a reçu lui environ 3 000 animaux français entre décembre 2018 et février 2019, mais au vu des exigences sanitaires et tarifaires des importateurs il est peu probable que des flux importants aient lieu en 2019.

Concernant la FCO, selon les opérateurs, les PCR positives sont assez rares ces derniers mois du fait de la moindre activité des vecteurs durant l’hiver. Les cas de FCO devraient toutefois se multiplier à nouveau dans les prochaines semaines, les culicoïdes ayant été réactivés par la belle saison. Ceci compliquera la tâche des exportateurs, les pays tiers exigent pour la plupart des animaux vaccinés et testés négativement contre les sérotypes 4 et 8 de la FCO.