Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Les prix des matières premières sont à la baisse depuis le début de l’année 2023. Les cours des céréales ont retrouvé les niveaux de prix de la fin 2021, avant le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie. En revanche, les cours des tourteaux refluent moins vite et demeurent relativement élevés. Des incertitudes persistent sur les marchés : conflit armé, sécheresse, taxe à l’exportation… pour autant les premières estimations de production pour la prochaine campagne semblent optimistes et rassurantes.

Céréales, pluies salvatrices et début du printemps

Le risque de déficit hydrique planait sur l’Europe mais les pluies de mars et avril en France ont permis d’assurer de bonnes conditions de culture au nord de la Loire. Le sud de la France et de l’Europe sont plus inquiets à l’approche des beaux jours. Les premières prévisions de récolte en Espagne pour la campagne d’orge annoncent la production à la baisse impactée par la sécheresse. L’orge européenne reste pour l’instant encore compétitive à l’export, comparativement à celle originaire de mer Noire. La Chine est notamment très friande de l’orge français. Le CIC prévoit tout de même une baisse de la production mondiale de blé de 14Mt pour la campagne 2023/2024 par rapport à la précédente (2022/2023). Cette diminution est majoritairement liée aux conditions difficiles subies par les blés d’hiver aux Etats-Unis.
Les semis du maïs débutent dans le Sud-ouest, sur fond de discussions sur la disponibilité en eau. Les prix restent orientés à la baisse avec de bonnes prévisions de la production mondiale pour 2023/2024. Aux Etats-Unis, le ratio de prix soja/maïs reste favorable au maïs, ce qui pourrait augmenter les surfaces ensemencées dans les prochains mois. Pour la campagne 2022/2023, les exportations de maïs argentin sont encore revues en très forte baisse en raison de la faible production qui a souffert de la sécheresse. Cette forte révision à la baisse de la production argentine serait toutefois compensée par de meilleures récoltes en Inde et en Ukraine.

Tourteaux : baisse des prix

Pour le soja, le Brésil reste compétitif avec une excellente récolte et un temps sec qui a permis une amélioration de la logistique portuaire ces derniers mois. Comme pour le maïs, la production argentine est revue à la baisse, et tomberait à son plus bas niveau depuis 20 ans. Pour compléter une offre nationale insuffisante, les importations argentines de graine de soja devraient atteindre un niveau record. L’Argentine arriverait à la 2ème place des importateurs, juste derrière la Chine.
Le marché mondial est bien approvisionné en graine de canola et de colza par le Canada et l’Australie. Cette dernière retrouve les voies d’exportation vers la Chine après deux ans de commerce difficile. Cette situation permet une baisse des prix de la graine et des tourteaux. En France, comme pour les céréales, les bonnes conditions de culture augurent une augmentation des surfaces de semis de colza et de tournesol pour la prochaine campagne, sous réserve de prix de vente restant intéressants économiquement. Dans le cas du colza, la culture fait face à certaines difficultés : rendement hétérogène, absence de mesure de protection contre les agresseurs, savoir-faire cultural, qui limite l’augmentation des surfaces et des récoltes.

Sur les marchés à terme, les échéances lointaines sont encore à la baisse ce qui soutient une dynamique baissière des prix. Il faudra quand même surveiller les conditions climatiques et attendre les prochaines récoltes de céréales de l’hémisphère Nord pour retrouver une situation « normale ».