Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 344 Novembre 2022 Mise en ligne le 22/11/2022

Le Département Économie de Idele a publié deux Dossiers Économie de l’Élevage à  l’occasion des conférences marchés mondiaux  qui se sont tenues les mardi 31 mai et mercredi 1er juin.

Dossier marchés mondiaux des produits laitiers : fermes grâce à des disponibilités réduites

En 2021, la production laitière mondiale a été peu dynamique, malgré des marchés bien orientés et une demande internationale plutôt vigoureuse. Cette évolution découle d’une trajectoire contrastée dans les principaux bassins excédentaires : croissance modérée au 1er semestre suivie d’un fléchissement au 2nd semestre malgré la remontée du prix du lait, dans le sillage de celle des cours des ingrédients laitiers. Car dans le même temps, les producteurs laitiers ont subi une hausse des coûts de production qui les a plutôt incités à lever le pied, notamment aux États-Unis et dans l’UE-27.

La  demande mondiale en produits laitiers a été ferme principalement en Asie où, malgré la croissance de la production laitière et les difficultés logistiques dans les ports, la Chine a encore fortement accru ses importations qui absorbent désormais le quart des échanges internationaux de produits laitiers. En somme l’Asie est demeurée l’épicentre de la croissance de la production et de la demande mondiales en produits laitiers. En revanche, l’Afrique, malgré une démographie toujours forte et une production stationnaire, a plutôt moins importé de poudres de lait, devenues trop chères.

Les tendances 2021 se sont prolongées début 2022 et exacerbées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, portant les cours des ingrédients et du prix du lait à des niveaux record. Pour autant la production laitière ne repart pas dans les grands bassins excédentaires, en premier lieu dans l’UE-27. La relative pénurie de produits laitiers devrait donc demeurer dans les prochains mois et les prix resteront alignés sur ceux des grains et de l’énergie, dans un contexte d’évolution très incertaine de l’économie mondiale à plus long terme.

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Dossier marché mondial de la viande bovine dans la tourmente des matières premières

Dans le chaos que sont devenus les marchés des matières premières, les viandes sont prises en tenaille entre la hausse des prix des intrants, énergie et aliments du bétail, les effets longs des épizooties (FPA, Influenza aviaire, récurrence de cas d’ESB atypique…) et les évolutions de la demande avec les stops & go de la restauration hors domicile et des confinements dans les différents pays.

Certes la viande bovine est moins dépendante des aliments du bétail que les monogastriques, mais elle est bien plus dépendante des aléas climatiques.

En 2021 et tout au long du 1er semestre 2022, les prix se sont envolés partout dans le monde, dans le sillage de ceux des grains et de l’énergie, mais aussi pour des raisons plus spécifiques, vigueur de la demande dans beaucoup de pays importateurs face à des grands exportateurs qui peinent à y répondre. Pourtant la production a repris dans les principaux pays producteurs après une forte chute en 2020. Pourtant les exportations des 10 principaux pays exportateurs sont revenues en 2021 au niveau de celles de 2019. Mais dans le même temps, malgré l’inflation qui affecte partout le pouvoir d’achat, les demandes croissent toujours. Ainsi les importations des 10 principaux pays acheteurs auraient cru 2 fois plus vite (+ 300 ktéc) en 2021 que les exportations des 10 principaux fournisseurs du marché mondial (+ 150 ktéc). Cependant, cette demande est toujours plus sino-dépendante, puisque la Chine (Hong Kong inclus) représente désormais 41% de la demande à l’importation des 10 principaux clients mondiaux.

L’évolution des prochains mois va s’écrire entre retour de l’inflation qui paraît durable, flambée des grains et des oléagineux, remontée des taux handicapant les investissements, aléas climatiques toujours plus fréquents, retour aussi de l’alimentation comme préoccupation majeure dans la plupart des pays. Bref, une situation qui pourrait décourager la capitalisation bovine, alors que les habitudes alimentaires favorisent la demande de boeuf dans beaucoup de pays et que l’inflation des intrants touche en premier lieu les productions de viande blanche…

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