Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Au cours du dernier trimestre 2018 le cours des matières premières n’a pas significativement varié. Les marchés restent cependant en alerte face à l’évolution des tensions politiques entre les Etats-Unis et la Chine. Les conditions météorologiques défavorables en Amérique du Sud font courir le risque d’une baisse des rendements.

Céréales : cours stables et disponibilités satisfaisantes

Les cours du blé sont restés stables au dernier trimestre 2018. Le blé sur le marché français qui affiche 192,5 €/t fin décembre ne marque pas d’évolution significative depuis octobre, mais se situe 33% au-dessus de son niveau de 2017 à pareille époque. La demande en blé reste satisfaite grâce à la disponibilité en blé russe toujours accessible sur le marché mondial. Fin décembre 2018, la Russie a exporté près de 22,6 Mt de blé pour la campagne 2018/19 d’après Agricensus. Pour le moment aucun signe ne semble montrer un arrêt des exportations russes de céréales, évènement pourtant craint depuis quelques mois. Bien au contraire, fin décembre les autorités russes ont affirmé détenir des stocks suffisants pour maintenir les prix stables au niveau européen sur la campagne 2018/19. Le rythme des exportations russes devrait toutefois ralentir fortement sur la seconde moitié de campagne.

Le cours du blé sur le marché mondial est tout aussi stable, mais des incertitudes pèsent sur les disponibilités et la qualité du blé argentin. Des épisodes importants de pluie ont perturbé la récolte en cours dans le pays fin décembre. Les craintes d’une baisse de qualité de ce blé ont pris de l’ampleur suite au rejet par l’Algérie d’une cargaison de blé argentin début 2019. Cette décision profite au blé d’origine française en concurrence frontale avec le blé argentin à cette période de l’année dans la zone du Maghreb.

Les cours européens et mondiaux du maïs sont stables au dernier trimestre 2018. En France, le cours termine l’année à 172 €/t fin décembre (+22% /2017), sans variation significative depuis octobre. Le maïs reste attractif, avec un prix inférieur de 20 €/t à celui du blé. La disponibilité en maïs sur le marché mondial est importante, en particulier en provenance des États-Unis et de Mer noire. C’est d’ailleurs l’origine Ukraine qui compte parmi les moins chères en Europe, en lien avec des objectifs d’exportation record pour la campagne 2018/19 qui devraient totaliser 28 Mt.

Les stocks chinois de maïs ont été largement révisés à la hausse fin 2018 suite à une mise à jour des statistiques du pays, entraînant un doublement des stocks mondiaux, sans effet significatif sur le marché mondial car les importations et l’utilisation du maïs en Chine restent inchangées.

Oléagineux : apaisement politique momentané apprécié par les marchés

L’apaisement momentané des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis soutient le marché du soja dont le cours à Chicago a gagné + 0,8% en un mois à 308 $/t (270 €/t) de moyenne en décembre. Entre 4 et 5 Mt de soja étatsunien auraient été vendus depuis début décembre et devraient être débarqués sur les côtes chinoises au 1er trimestre 2019. Ces achats qui constituent avant tout un geste politique de détente de la part des autorités chinoises se fait au prix fort car la taxe à l’import de 25% sur le soja étatsunien reste en vigueur tandis que son prix remonte. Le niveau exact des échanges reste imprécis du fait de la non parution du très attendu rapport du WASDE suite au « shutdown » aux États-Unis.

Quelques craintes se font jour sur la future récolte brésilienne de soja en raison de conditions météorologiques défavorables : si la sécheresse persistait, elle pourrait impacter le remplissage des grains.

Fin décembre 2018 le cours du tourteau de soja sur le marché français affichait 335 €/t, soit une baisse de 1,5 % depuis début octobre. Mais il devrait se stabiliser au premier trimestre 2019 avec la revalorisation du soja étatsunien. La valeur du tourteau de soja a progressé de 7,7% en un an par rapport au niveau particulièrement atteint au quatrième trimestre 2017.

Tendance un peu plus marquée pour le tourteau de colza qui était à 244 €/t fin décembre, soit une baisse de 4,3% depuis début octobre. Sur une période d’un an le cours du tourteau de colza a gagné +23%, bien plus que les progrès réalisés par le tourteau de soja. La compétitivité du colza, qui ne varie pas significativement, est restée moins attractive que celle du soja au dernier trimestre 2018.