Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 363 Juillet/août 2024 Mise en ligne le 19/07/2024

Les prix des broutards, notamment charolais, ont connu une nette hausse au mois de mai, faute d’offre dans un contexte de décapitalisation. La météo capricieuse a pu par ailleurs retarder les sorties des animaux d’automne et réduire d’autant plus l’offre disponible. Côté demande, les envois vers l’Italie se sont bien maintenus, mettant d’autant plus la pression sur les cours.

Forte hausse de prix pour les Charolais

La fin du printemps est comme d’ordinaire une période d’offre réduite en broutards, correspondant au creux estival de naissances. La décapitalisation en cours depuis plusieurs années accentue ce creux d’offre. En parallèle, la faiblesse de l’offre en viande en Europe soutient les demandes italienne et espagnole en broutards. La demande française est bien présente malgré des incertitudes sur les récoltes de fourrages à venir, les semis notamment de maïs ayant été compliqués par le printemps très pluvieux dans certaines régions d’engraissement.

Ainsi, en semaine 24, le broutard charolais U de 450 kg vif cotait 3,85 €/kg vif, en hausse de +27 cts sur quatre semaines et supérieur de +9% /2023, soit +32 cts. Le Charolais U de 350 kg était également en hausse de 12 cts sur quatre semaines à 3,90 €/kg vif (+28 cts ou +8% /2023). L’arrivée des animaux nés à l’automne sur les marchés devrait augmenter un peu l’offre dans les prochaines semaines.

Les broutards limousins connaissent une hausse plus régulière depuis le début de l’année. Ainsi, en semaine 24, le Limousin E de 350 kg cotait 3,95 €/kg vif, un niveau supérieur de +5 cts /2023. L’écart entre le Limousin et le Charolais de 350 kg s’est ainsi resserré à 5 cts, son niveau le plus bas depuis la hausse des cotations début 2022. Le mâle croisé R de 300 kg était également en hausse de +5 cts en quatre semaines, à 3,50 €/kg vif, soit +30 cts /2023 (ou +9%).

Côté femelle, les cotations étaient relativement stables depuis le début de l’année. En semaine 24, la Limousine E de 270 kg cotait 3,60 €/kg vif, en hausse de +20 cts sur un an (ou +6%). La cotation de la Charolaise U de 400 kg s’établissait à 3,25 €/kg, en hausse également de +15 cts /2023 (ou +5%).

Recul des vêlages de printemps

Comme depuis quelques années, les vêlages de printemps étaient en net repli. Ainsi, en avril, 301 000 veaux sont nés de mère allaitante, en baisse de -34 000 têtes /2023, ou -10%. Les naissances dynamiques de l’automne permettent de limiter la baisse des naissances à -2% /2022-23 en cumul sur la campagne, soit -61 000 têtes, avec 2 870 000 veaux nés de mère allaitante.

AU 1er mai 2024, 3,497 millions de vaches allaitantes étaient présentes dans les élevages, en recul de -1,8% /2023 ou -66 000 têtes. Les effectifs de génisses allaitantes en ferme étaient renforcés de 28 000 têtes, soit +1,7% /2023, à 1,620 millions de têtes, poursuivant la tendance amorcée mi-2023. Les mois à venir diront si ces effectifs renforcés sont destinés à la reproduction ou à la boucherie.

Conséquence de la baisse des vêlages de printemps, les effectifs de mâles allaitants de moins de six mois (nés entre le 1er novembre 2023 et le 30 avril 2024) reculent fortement, à 881 000 têtes (-7% /2023). À l’inverse, les effectifs de broutards plus âgés étaient renforcés à la fois par les naissances dynamiques de septembre et octobre et par la réorientation partielle des animaux vers l’engraissement en France, avec 487 000 mâles présents en ferme (+1% /2023).

Baisse des envois en début d’année

Les exportations de broutards étaient en baisse début 2024, faute de disponibilité du fait de la décapitalisation toujours prégnante. Ainsi, en cumul sur 20 semaines, 402 000 broutards ont été exportés d’après SPIE-BDNI, en baisse de -6% /2023 ou -26 000 têtes.

En avril (semaines 14 à 17), les envois de broutards français ont atteint 77 000 têtes, en baisse de -4% /2023 (ou -4 000 têtes) d’après SPIE-BDNI.

La baisse des exports touche tout particulièrement les Charolais : à 105 000 têtes en 20 semaines, ils reculent ainsi de -14% /2023. Les Limousins sont un peu moins touchés, avec 109 000 têtes expédiées sur la même période (-8% /2023).

Les envois vers l’Italie résistent

D’après les Douanes, les envois vers l’Italie étaient en baisse de -2% /2023 en cumul sur les quatre premiers mois de l’année, avec 277 000 broutards expédiés.

Vers l’Espagne, le recul est plus net avec des envois en baisse de -7% /2023, à 34 000 têtes sur quatre mois.

Les envois vers les pays tiers restaient au point mort avec 160 broutards exportés vers la Tunisie et 160 vers le Maroc en avril. En cumul sur quatre mois, 2 500 têtes ont été exportées vers les pays tiers.

Rebond des exportations début juin

Après un mois de mai en dents de scie du fait des nombreux jours fériés et ponts, les envois de bovins ont nettement rebondi. Ainsi, les dernières données TRACES-DGAL pour les semaines 21 à 24 (du 20 mai au 16 juin) montrent une reprise des envois tous bovins confondus vers l’Italie et vers l’Espagne. Sur ces cinq semaines, 71 000 bovins, en très grande majorité des broutards, ont été expédiés vers l’Italie, en hausse de +2% /2023.