Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La demande pour la viande de jeune bovin reste globalement limitée par l’inflation partout en Europe. Mais l’arrivée de températures plus fraîches devrait relancer les achats. L’offre restreinte contribue à soutenir les cours.

ITALIE : offre toujours réduite

En Italie, les sorties de jeunes bovins restent limitées. La baisse des disponibilités en broutards français, liée à la décapitalisation et à des mises en engraissement plus dynamiques en France, a en effet réduit les mises en place en Italie depuis un an. Les abattages de jeunes bovins mâles âgés de 12 à 24 mois ont totalisé 67 000 têtes en août (-10% /2022), et ceux de femelles 47 000 têtes (-7%). Ceci porte à 879 000 têtes le nombre de jeunes bovins mâles et femelles abattus sur les 8 premiers mois de l’année (-7% /2022).

L’arrivée de températures plus fraîches conduit les distributeurs à commander moins de quartiers arrière et plus de quartiers avant. La demande pour les morceaux nobles devrait se réactiver à partir de fin novembre à l’approche des fêtes de fin d’année, ce qui devrait tirer les cotations à la hausse.

A la bourse de Modène, la cotation du mâle charolais fini extra se situait à 3,50 €/kg vif le 16 octobre (+1% /2022 et +23% /2021) et celle du Charolais « prima qualità » à 3,39 €/kg vif (+1% /2022 et +24% /2021). Le mâle limousin s’était stabilisé à 3,65 €/kg vif (+3% /2022 et +24% /2021). Les cotations des femelles restent stables, à 3,66 €/kg vif pour la Limousine (+3% /2022 et +23% /2021) et 3,38 €/kg pour la Charolaise (+1% /2022 et +22% /2021).

ALLEMAGNE : demande calme

En Allemagne, le marché du jeune bovin est relativement équilibré. L’offre réduite compense la faiblesse de la demande. Toutefois, les prix demeurent sous leur niveau de l’an dernier.

Les cotations des JB se situaient en semaine 40 à un niveau intermédiaire entre ceux de 2021 et de 2022 (-7% /2022 et +8% /2021). Le JB U cotait 4,73 €/kg de carcasse, le JB R 4,67 €/kg et le JB O 4,37 €/kg éc.

Les abattages de jeunes bovins étaient en recul sur les 4 dernières semaines connues (-6% /2022 et -11% /2023 sur les semaines 37 à 40). En cumul depuis le début de l’année, ils sont toutefois à leur niveau de 2022 et très inférieurs au niveau de 2021 (-7%).

La perte de pouvoir d’achat liée à l’inflation a par ailleurs fortement affecté la consommation allemande. Et la viande bovine a été particulièrement touchée sur ce marché très sensible au prix. Sur les huit premiers mois de l’année, les achats des ménages de viande bovine piécée ont chuté de -4,5% /2022 d’après le panel GFK, alors que les produits meilleur marché se maintenaient mieux (= /2022 pour les saucisses, et même +5,3% pour la viande hachée mélangée porc/bœuf).

POLOGNE : prix sous pression malgré une production en recul

Les cotations des jeunes bovins polonais sont remontées mais peinent à retrouver leur niveau de 2022. Elles se situent -3% /2022, mais toujours +16% /2021, à 4,51 €/kg de carcasse pour le JB R et 4,36 €/kg pour le JB O.

La production de viande bovine en Pologne sur les sept premiers mois de l’année a totalisé 299 000 téc, un niveau inférieur de -6% /2022 et de -8% /2021. Les abattages de taurillons étaient en retrait à 173 000 téc (-3% /2022 et -9% /2021), de même que ceux de génisses à 48 000 téc (-8% /2022 et -6%/2021). Ceux de vaches sont retombés à 76 000 téc (-12% /2022 et -8% /2021). Après plusieurs années de croissance, la production polonaise plafonne, faute de veaux à engraisser.

ESPAGNE : Enfin l’automne !

En Espagne, les opérateurs misent sur l’arrivée du temps automnal pour dynamiser la demande. Les cotations sont proches de leur niveau de 2022, mais le marché est un peu fébrile en raison de la fermeture du marché libyen aux bovins vivants espagnols, suite à l’apparition de la maladie hémorragique épizootique (ou MHE).

Les prix des JB sont relativement stables. Le JB U cotait 5,11 €/kg en semaine 40 (-1% /2022, mais +29% /2021), le JB R 5,05 €/kg (-1% /2022 et +29% /2021) et le JB O 4,81 (+1% /2022 et +29% /2021).

Après plusieurs années de hausse, la production espagnole marque le pas. Sur les sept premiers mois de l’année, les abattages de jeunes bovins mâles et femelles sont retombés à 326 000 téc (-6% /2022 et -3% /2021), dont 152 000 téc issues de mâles de 1 à 2 ans (-5% /2022, mais +2% /2021), 104 000 téc de bovins de 8-12 mois (-10% /2022 et -11% /2021) et 71 000 téc de génisses (-4% /2022 et -1% /2021).