Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Les prix des gros bovins finis poursuivent leur progression, dopés par la rareté de l’offre résultant de plusieurs années de décapitalisation.

Hausse des cours en vaches allaitantes

Les abattages de vaches allaitantes sont en repli par rapport aux années précédentes : de-2% /2022 et -6% /2021 sur les semaines 7 à 10 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev. Ce manque d’offre stimule la hausse des cours, d’autant que toutes les catégories de bovins sont touchées.

La cotation de la vache U standard a gagné 9 centimes en un mois pour atteindre 5,76 €/kg de carcasse en semaine 10 (+11% /2022 et +25% /2021). Celle de la vache R standard est remontée à 5,46 €/kg (+13% /2022 et +35% /2021), gagnant 7 centimes en un mois.
Depuis juillet, FranceAgriMer publie des cotations SIQO sur un pas de temps mensuel. En février, la vache U Label Rouge cotait 6,01 €/kg contre 5,69 € pour la U standard en moyenne sur le mois.
Les cotations des animaux labellisés bio sont également disponibles depuis octobre. La vache R bio cotait 5,63 €/kg en février, contre 5,39 € pour la R standard. (Toutes les cotations sont consultables sur le site Visionet de FranceAgriMer).

Les tensions sur l’approvisionnement en vaches laitières font grimper les prix

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de vaches laitières sur les semaines 7 à 10 affichaient un net recul par rapport aux mêmes semaines des années précédentes (-5% /2022 et -8% /2021). Cette tension sur l’approvisionnement dope les prix, d’autant que la demande pour le haché reste ferme (voir l’article sur la consommation en France).

La cotation de la vache O a gagné 16 centimes en un mois pour remonter à 4,97 €/kg de carcasse en semaine 10 (+14% /2022 et +58% /2021). Celle de la vache P a gagné 17 centimes dans le même temps, à 4,76 €/kg (+11% /2022 et +63% /2021).

Hausse des prix des jeunes bovins

Le marché européen du jeune bovin est bien orienté du fait du manque d’offre dans l’UE et en particulier en Italie (voir l’article sur le marché européen du JB). Les jeunes bovins sont par ailleurs toujours recherchés par les abatteurs français qui en ont grand besoin pour faire tourner leurs outils. Leurs prix ont encore gagné quelques centimes en février.

La cotation du JB U a gagné 6 centimes en un mois pour remonter à 5,56 €/kg en semaine 10 (+11% /2022 et +41% /2021). Celles des JB R et O ont gagné 7 centimes à 5,44 €/kg (+13% /2022 et +44% /2021) et 5,10 €/kg (+17% / 2022 et +54% /2021).
Les abattages de jeunes bovins de type viande ont été un peu plus nombreux que l’an dernier sur les semaines 7 à 10 (+2% /2022), mais restaient en baisse significative par rapport à 2021 (-5%). Ceux de JB de type lait poursuivent leur déclin à un rythme soutenu (-18% /2022 et -26% /2021).

Des charges en très forte hausse

Les évolutions des prix des animaux finis sont à mettre en regard de leurs prix de revient qui a considérablement augmenté du fait de la flambée des prix des matières premières. Au second semestre 2022, le prix de revient était de 5,92 €/kg éc pour les jeunes bovins de type viande et 6,12 €/kg éc pour la vache de type viande. Pour les vaches Label rouge, il faut rajouter 26 centimes /kg si tous les animaux labellisables sont effectivement labellisés et jusqu’à + 56 centimes si seulement un tiers des animaux sont labellisés. Ces indicateurs de prix de revient, calculés à la demande de l’Interprofession bovine (INTERBEV) sur une base semestrielle pour chaque catégorie de bovin, sont disponibles sur le site de l’Institut de l’Élevage.

En janvier 2023, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles, base 100 en 2015) s’établissait à 139,1 points, toujours en forte hausse par rapport à janvier 2022 (+13%). L’indice des prix des aliments achetés était à +22% /2022, celui des énergies et lubrifiants à +23% et celui des engrais et amendements à +16%.

La décapitalisation se poursuit, dans le cheptel laitier comme dans le cheptel allaitant

Au 1er février, le nombre de vaches allaitantes présentes en France était en recul et -3,1% sur un an. Le nombre de vaches laitières était lui aussi en baisse significative, à -2,4%.