Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Après s’être effondrés pendant le confinement, les prix des bovins polonais enregistrent un rebond spectaculaire depuis le mois de juin. La reprise progressive de la restauration en Europe, mais sans doute aussi les parts de marchés gagnées dans le commerce de détail en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni participent à cette hausse.

Rebond spectaculaire des prix

En 6 semaines, la cotation du JB O polonais a gagné 30 centimes/kg pour remonter fin août à 3,07 €/kg de carcasse (+6% /2019 ; -9% /2018), dépassant son niveau pré-confinement.

La réouverture de la restauration rapide européenne a permis aux cours des vaches de se redresser également. La cotation de la vache O a gagné 13 centimes en 6 semaines pour atteindre 2,51 €/kg fin août (+2% /2019, mais toujours -12% /2018). Les cours en 2019 avaient été très affectés par plusieurs scandales sanitaires dans la filière polonaise. En juin 2019 notamment, la filière polonaise subissait le contrecoup du 2ème scandale sanitaire de l’année (750 tonnes de « steaks hachés » contenant du gras et de la peau livrés à des associations caritatives).

Rebond des abattages en juin, après une rétention en avril et mai

En juin, les abattoirs polonais ont abattu pour 52 000 téc (+15% /2019). Cela faisait suite à deux mois de forte baisse (-16% en avril et -12% en mai) au cours desquels les débouchés pour la viande polonaise s’étaient fortement réduits. Sur l’ensemble du 1er semestre, les abattages polonais de gros bovins ont totalisé 276 000 téc (+2% /2019 mais toujours -3% /2018).

Moins de viande polonaise exportée pendant le confinement

Sur les 3 mois de mars à mai, la Pologne a exporté 69 000 téc de viande bovine réfrigérée (-7% /2019 et -22% /2018). Le recul a été fort vers l’Italie (-19%) où la viande polonaise est avant tout écoulée en restauration et vers l’Espagne (-27%) où la restauration occupe une place prépondérante dans la consommation de viande bovine et où par ailleurs la production abattue a progressé et les prix beaucoup baissé. En revanche, les volumes exportés vers l’Allemagne ont augmenté de 5%, ceux vers les Pays-Bas de +4% et ceux vers le Royaume-Uni de +26%, après un coup d’arrêt en 2019 en raison des répercussions médiatiques d’un scandale sanitaire.