Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

La réduction des effectifs de mâles, combinée à une offre plus limitée sur le marché européen, en mâles comme en femelles, permet aux cours de poursuivre leur redressement après un 2nd semestre grevé par un excès de réformes lié à la sécheresse.

Des abattages limités surtout en lait, liés à des effectifs en baisse

Les abattages de JB sont désormais en retrait en lait comme en viande. En février, seulement 10 000 JB laitiers ont été abattus (-10% /2018), cette catégorie est en repli depuis de nombreux mois. Le constat est à présent identique pour les JB de races à viande, même si l’ampleur de la baisse est plus limitée. D’après les données de Normabev, les abattages de type viande ont reculé de -2% /2017 sur l’ensemble du mois de février.

Ces abattages en retrait quel que soit le type de JB produit sont liés à des stocks dont les niveaux sont au plus bas :

  • C’est le cas depuis de nombreux mois pour les JB de races laitières. Au 1er février 2019, les effectifs de mâles laitiers de 12-18 mois comme ceux de 18-24 mois étaient en recul (respectivement de -11 000 et -10 000 têtes par rapport au 1er février 2018) confirmant à nouveau le déclin de la production.
  • C’est désormais le cas en JB de races à viande dont la réduction des effectifs, entamée depuis le 2nd semestre de 2018, avait été freinée par l’afflux de réformes sur l’ensemble du marché communautaire. Au 1er février, les effectifs de mâles type viande de 12-18 mois comme ceux de 18-24 mois étaient moindres (respectivement de -34 000 et -2 000 têtes).

Les prix poursuivent une remontée… timide !

Les cours français profitent timidement de la baisse de l’offre sur le territoire national comme ailleurs en Europe. Les cotations des JB U, R et O ont gagné 4 centimes sur les 4 dernières semaines connues. A 3,89 €/kg de carcasse en semaine 9, c’est la cotation du JB R qui se démarque en atteignant un niveau supérieur aux deux années précédentes (+1% /2018 et +3% /2017). Le constat est plus mitigé pour les cours du JB U (4,09 €/kg ; = /2018 et +2% /2017) et O (3,42 €/kg ; -2% /2018 mais +6% /2017) qui peinent à atteindre leur niveau de l’année passée. Le début de la baisse saisonnière des cours en Italie pénalise les animaux les plus conformés.

Export : l’année 2018 marquée par l’émergence de « nouveaux » clients

Sur l’ensemble de l’année 2018, les exportations de viande bovine réfrigérée et congelée ont atteint 223 000 téc (+2% /2017 et +2% /2016). Si les envois on fait mieux que résister en Allemagne (+1% /2017) et surtout en Grèce (+3% /2017), ils sont clairement en baisse vers le premier importateur de produits français : l’Italie (-3% /2017), où le retour de la viande d’Amérique du Sud a concurrencé la viande européenne.

Les principales progressions sont à aller chercher du côté de marchés jusque-là secondaire, notamment au sein de l’Union européenne comme les Pays-Bas par exemple (+15% /2017). A noter que la forte progression des envois vers la Belgique (19 000 téc ; soit +24% /2017) est en partie liée à des abattages de bovins vifs provenant Belgique et réexpédiés en carcasse.

Pour plus d’infos : L’année économique viande bovine 2018. Perspectives 2019.