Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Le marché intra-européen du JB est resté déprimé jusqu’à la trêve de fin d’année. Les prix sont restés bas, sauf pour les femelles en Italie dont le nombre était en retrait par rapport à 2019 alors que la demande restait soutenue. L’année 2021 s’ouvre sur un contexte incertain, avec la fermeture quasi généralisée de la restauration jusqu’à une date indéterminée.

ITALIE : les prix des femelles se tiennent bien, mais ceux des mâles restent bas

En Italie, malgré des fêtes marquées par des restrictions très fortes de mouvements, les volumes commandés par les distributeurs semblent s’être bien écoulés. L’absence de viande étrangère pendant cette trêve de Noël a permis de soutenir le marché national.

Les prix sont restés stables sur la bourse de Modène, à des niveaux très inférieurs à ceux de 2019 pour les mâles (-6% pour les Charolais et -4% pour les Limousins), mais supérieurs pour les femelles (+1% pour les Charolaises comme pour les Limousines).

Au 31 décembre, les effectifs de mâles de 1-2 ans enregistrés dans la BDNI italienne restaient supérieurs à 2019, mais moins qu’un mois avant (+15 000 têtes contre +21 000 au 30 novembre). Le nombre de femelles de 1-2 ans restait en recul (-12 000 têtes).

Sur les 2 mois d’octobre et novembre, les ventes au détail de viande bovine ont progressé de +10% /2019 et de +11% en valeur selon le panel ISMEA-Nielsen. Ceci est lié aux restrictions appliquées au secteur de la restauration commerciale. Il est encore trop tôt pour faire le bilan annuel 2020 au niveau de la consommation totale de viande bovine. ISMEA note toutefois que la fermeture de la restauration pose le problème de la valorisation des pièces nobles.

ALLEMAGNE : belle remontée des cours en décembre

En Allemagne, les prix des JB se sont redressés en fin d’année, après le coup de mou du mois de novembre provoqué par la mise à l’arrêt de certaines chaînes d’abattage liée à l’apparition de foyers de Covid-19. Le JB U a fini l’année à 3,87 €/kg de carcasse (+2% /2019 ; -1% /2018), le JB R à 3,79 (+2% /2019 ; -1% /2018) et le JB O a 3,48 €/kg (+3% /2019 ; -1% /2018).

POLOGNE : Les cours ont mieux fini l’année

La cotation polonaise du JB R a fini l’année à 3,18 €/kg, un niveau intermédiaire entre les 2 années précédentes (+10% /2019 et -5% /2018). Celle du JB O est remontée à 3,08 €/kg (+2% /2019 et -5% /2018). Cette belle hausse de fin d’année pour les cotations des mâles peut être liée en partie au dynamisme du marché allemand, où l’offre était limitée par quelques chaînes d’abattage mises à l’arrêt par la pandémie de Covid-19.

Les cotations des génisses ont eu du mal à se relever de leur chute du mois d’octobre quand la restauration italienne a de nouveau dû fermer ses portes. Toutefois, la chute a été moins forte que lors du premier confinement, la viande polonaise s’étant fait une place dans les rayons viande de certains supermarchés italiens.

ESPAGNE : les prix au plus bas

En Espagne, les cours restent déprimés, conséquence d’un marché national mis à mal par la fermeture de la restauration, d’un marché européen en proie à une concurrence accrue et d’exportations ralenties vers les pays tiers méditerranéens. La cotation du JB R a fini l’année à 3,47 €/kg de carcasse (-3% /2019 et -7% /2018).

Sur les 10 premiers mois de l’année 2020, les exportations espagnoles de viande bovine réfrigérée ont chuté de 43% vers les pays tiers à 11 000 téc. Elles ont en revanche bondi de +42% vers l’Italie à 32 000 téc.