Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 346 Janvier 2023 Mise en ligne le 19/01/2023

En décembre, les cours des broutards sont restés globalement stables à un niveau élevé. Les exportations très dynamiques à destination de l’Algérie en fin d’année pourraient conduire à une année record pour les envois vers ce pays.

Cours élevés et stables

En décembre 2022, les cours des broutards sont restés élevés malgré la hausse saisonnière des disponibilités liées au retour des animaux en bâtiment.
En semaine 1, le Charolais U de 350 kg cotait 3,39 €/kg, en légère baisse après le maximum atteint en semaine 46 en 2022 (3,50 €/kg vif). La cotation restait cependant largement supérieure à son niveau de l’année précédente (+25% ou +67 cts /2022, +38% /2021), la hausse de 2022 ayant été plus tardive sur les broutards que sur les animaux finis. Les Charolais U de 450 kg cotaient 3,34 €/kg vif en semaine 1, stable (-1 ct) sur quatre semaines, mais également en hausse par rapport aux années précédentes (+29% ou +76 cts /2022, +50% /2021).
Les animaux lourds sont particulièrement demandés, notamment pour les marchés algérien et italien. L’écart de cotation avec les animaux plus légers est donc au plus bas. Ainsi, alors que le Charolais U de 450 kg cotait 14 cts/kg vif de moins que le Charolais U de 350 kg en semaine 1 de 2022, cet écart n’était plus que de 5 cts/kg vif début 2023. Le manque d’offre a accentué la tendance à la réduction des écarts de prix, de manière similaire à ce qui est observé pour les différentes conformations en animaux finis.

La cotation des Limousins E de 350 kg était de 3,65 €/kg vif en semaine 1, stable sur quatre semaines mais également bien supérieure à celle des années précédentes (+29% ou +82 cts /2022, +35% /2021). La situation est similaire pour les Croisés R de 300 kg, qui cotaient 3,08 €/kg vif en semaine 1 (+18% ou +46 cts /2022, +34% /2021).

Les tendances pour les broutards femelles sont les mêmes que pour les mâles. Les Charolaises U de 270 kg cotaient 3,25 €/kg vif en semaine 1 (+21% ou +57 cts /2022, +28% /2021) stables sur quatre semaines après une légère baisse à l’automne 2022. Les Limousines E de 270 kg cotaient 3,30 €/kg vif (+13% ou +38 cts /2022, +16% /2021) stables depuis octobre 2022.

Des naissances allaitantes durablement en baisse

Les naissances de veaux de mère allaitante ont nettement reculé depuis le début de la campagne 2022-2023. Sur cinq mois (juillet-novembre) 1 175 000 veaux de mère allaitante sont nés, soit -23 000 têtes (-1,9%) par rapport à la campagne précédente. En novembre, 284 000 veaux sont nés de mère allaitante, en retrait également par rapport aux années précédentes (-1,1% /2021).

Au 1er décembre 2022, on comptait 3 540 000 vaches allaitantes, 110 000 têtes de moins que l’année précédente, soit un rythme de décapitalisation de -3% sur un an.

Effectifs de veaux mâles en recul

Au 1erdécembre, 626 000 mâles de 0 à 6 mois nés de mère allaitante étaient présents, en recul de -1% (-9 000 têtes) par rapport à une année 2021 déjà touchée par la décapitalisation. Les effectifs de veaux charolais ont moins reculé que les Limousins. Les effectifs de mâles de 6 à 12 mois ont davantage reculé, de -3% /2021, à 734 000 têtes.

Dynamisme exceptionnel du marché algérien en fin d’année

D’après les données SPIE-BDNI, 93 000 broutards ont été exportés en novembre (s44-47) en net recul par rapport à 2021 (-6%). Le manque de disponibilités, le dynamisme de la filière jeunes bovins française, dans un contexte de pénurie de viande, et les prix élevés des animaux ont fortement ralenti les exportations. En cumul jusqu’en semaine 50 (16 décembre) 1 040 000 broutards ont été exportés par la France, en recul de -88 000 (-8%) par rapport à 2021 à la même date.

Les exportations vers les pays tiers ont été très dynamiques en octobre d’après les Douanes, avec 12 500 têtes exportées (+81% /2021) dont 10 500 têtes vers l’Algérie (+85% ou +4 500 têtes /2021). Sur les dix premiers mois de 2022, 53 500 broutards ont été exportés vers les pays tiers (-7% /2021), dont 46 500 vers l’Algérie (+18% /2021). La demande algérienne devrait rester élevée début 2023 en prévision du ramadan en mars et avril.

Vers l’Espagne, les exportations de broutards s’élevaient en octobre 2022 à 7 707 têtes d’après les Douanes, en recul de -3% par rapport à l’année précédente, alors même que l’obligation de vaccination des broutards contre la FCO était alors déjà en vigueur. Sur dix mois, 70 000 broutards sont partis vers l’Espagne, soit 28 000 de moins que sur les dix premiers mois de 2021. Le recul touche plus particulièrement les broutards de 160 à 300 kg, avec 49 500 têtes exportées (-32% ou -23 500 têtes /2021). Vers l’Italie, 715 000 broutards ont été exportés entre janvier et octobre 2022, en recul de 32 500 têtes (-4% /2021), du fait du manque de disponibilités et des sorties peu dynamiques en fin d’année.

D’après les données TRACES, en décembre (semaines 48 à 52), 80 000 bovins ont été expédiés vers l’Italie (-5% /2021) et 47 000 vers l’Espagne (-7% /2021). Sur les 52 semaines de 2022, toujours d’après TRACES, 941 000 bovins ont été exportés, soit une baisse de -52 000 têtes (-5% /2021) tous bovins confondus.