Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 362 Juin 2024 Mise en ligne le 24/06/2024

Au 1er semestre, le commerce extérieur de la France en produits laitiers a été relancé, malgré l’érosion de la production laitière française. Les importations, qui avaient fortement fléchi en 2020, ont rebondi, tandis que les exportations ont modestement progressé en équivalent lait.

En France, les fabrications de produits laitiers ont diversement évolué au 1er semestre. Celles de produits de grande consommation (laits conditionnés, ultra-frais et beurre), principalement destinés au marché intérieur, ont fortement chuté. Les ménages ont progressivement réduit leurs achats de laits conditionnés et d’ultra-frais, avec la réouverture progressive de la restauration commerciale. En revanche, les fabrications de crème sont demeurées dynamiques (+5% /2020 au 1er semestre).

Les fabrications de fromages, stationnaires en janvier et février 2021, ont nettement repris depuis, notamment pour l’export.

Les fabrications de poudre maigre, ralenties au 1er trimestre, ont nettement repris au printemps en lien avec la reprise de la collecte française. Enfin, les fabrications de poudres grasses ont sensiblement reculé (-4%) par rapport au volume exceptionnellement élevé en 2020, et se situent ainsi entre les niveaux 2019 et 2020.

Échanges extérieurs relancés au 1er semestre 2021

Les échanges extérieurs ont été plutôt dynamiques, malgré la moindre ressource laitière.

D’un côté les exportations ont modestement progressé en équivalent lait (+2,4% /2020 selon nos estimations en MSU). Les expéditions de laits de laits vrac et de laits conditionnés ont chuté, respectivement de -24% et -31% /2020 en volume. En revanche, celles de crèmes et de laits fermentés ont bondi, respectivement de +22% et +36% /2020. Le tout contribue pour 10% des exportations totales en valeur.

Les expéditions de fromages, qui contribuent pour 40% des exportations totales (valeur),  ont repris au 2ème trimestre, après un tassement au 1er trimestre 2021, et ainsi progressé de +1% /2020 en volume et de +4% en valeur.

Enfin, les exports d’ingrédients secs (poudres grasses, poudre maigre, lactosérum et caséines) ont faiblement progressé en volume, mais marqué le pas en valeur, respectivement +2% et -1% /2020.

En somme les exportations de produits laitiers ont faiblement progressé en valeur (+3% /2020 à +3,72 Mrds € au 1er semestre 2021.

Les exportations de la France sur pays tiers, Royaume-Uni compris, ont davantage progressé (+5% en valeur) que celles vers les autres pays membres de l’UE, si bien que les premières égalent presque les secondes au 1er semestre 2021.

Amorcé en 2020, le recul des ventes de produits laitiers au Royaume-Uni, s’est prolongé au 1er semestre 2021 (-3% /2020), si bien ce marché britannique est rétrogradé derrière la Chine qui occupe désormais la troisième place derrière la Belgique et l’Allemagne.

Les importations de produits laitiers ont davantage progressé en valeur (+5% d’une année sur l’autre) à +2,0 Mrds € au 1er semestre, après avoir à l’inverse nettement reflué sur la même période en 2020 (-7% /2019). Les volumes correspondants, en équivalent lait de vache, ont augmenté de +15% /2020.

Le reflux des importations de laits liquides, vrac comme conditionnés, s’est poursuivi respectivement de -27% et -34% /2020 en volume, sous l’effet de la poursuite de la logique de nationalisation de l’approvisionnement en lait de vache. Les importations de beurre et de crème ont repris leur hausse tendancielle. Enfin et surtout, les importations de fromages ont fortement progressé en volume ( +45% /2020 à 280 000 t) et plus faiblement en valeur (8%), car les importations supplémentaires sont surtout des fromages de moindre  valeur unitaire, essentiellement des fromages italiens, et secondairement des fromages ingrédients. Ainsi, le solde commercial en fromages a été divisé par trois en volume à 45 000 t, mais n’a baissé que de -2% en valeur à +555 millions d’euros. La valeur moyenne des fromages exportés s’établit à 4,67 €/kg quand celle des imports est tombée à 3,40 €/kg.

L’excédent commercial en produits laitiers s’est modestement amélioré, de moins de +1%, à 1,73 Mrd €, dont la moitié provient des échanges d’ingrédients secs et un petit tiers de celui des échanges de fromages.

Net reflux des ventes de produits laitiers vendus aux ménages depuis mars 2021

Amorcé au 1er semestre, le report de consommation des ménages vers la RHD, suite à la réouverture de la restauration commerciale, s’est poursuivi en juillet. Toutes les ventes en GMS sont dans le rouge d’une année sur l’autre en période 8 (28 juin au 26 juillet 2021) comme sur les trois dernières périodes. Sur douze mois glissants, seules les ventes de de fromages, de crème et de desserts frais sont encore croissantes d’une année sur l’autre. Cependant, les ventes en GMS (valeur comme volume), demeurent globalement positives comparées aux performances enregistrées en 2019 dans les mêmes circuits.