Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

D’abord plombé par la pandémie, le marché britannique poursuit son redressement depuis plusieurs semaines. Le report de consommation vers la GMS semble désormais suffire à compenser les pertes liées à la fermeture de la RHD, d’autant que les importations ont certainement reculé en avril et mai. La consommation est dynamique et les abattages se sont globalement étoffés. A court terme, le nombre de bovins disponibles à l’abattage devrait être limité.

Marché à nouveau dynamique, les cours en hausse

En semaine 22 et en devise locale, les prix de toutes les catégories de bovins ont continué de rebondir. Le prix moyen pondéré britannique des bovins finis atteint désormais pour la première fois depuis plusieurs semaines la moyenne des cinq années passées.

La réouverture partielle de certaines chaînes de fast-food profite aux cotations. En euros, le cours de la vache O a progressé ainsi de 9 centimes en une semaine et de 24 centimes en un mois à 3,01 €/kg de carcasse (+1% /2019 et -9% /2018) en semaine 22.

Les cours des autres catégories sont aussi en hausse :

  • Le bœuf R a regagné 7 centimes d’euro en une semaine, à 3,91 €/kg éc (-2% /2019 ; -9% /2018) en semaine 22,
  • Le JB R a repris également 7 ct à 3,86 €/kg éc (= /2019 ; -7% /2018),
  • La génisse R a repris 8 ct à 3,91 €/kg éc (-2% /2019 ; -8% /2018).

Abattages en hausse

Après plusieurs semaines de bas niveaux d’abattage, la reprise observée depuis six semaines se poursuit. Sur les quatre dernières semaines (19 à 22), les abattages de gros bovins sont revenus à la « normale » (= /2019 et +1% /2018) d’après l’indicateur du Ministère de l’Agriculture (DEFRA) et d’AHDB. Il est probable qu’une partie de cette hausse soit liée aux préoccupations concernant le temps chaud et sec qui a sévi sur les îles britanniques ces dernières semaines. La pluie revenue depuis plusieurs jours désormais devrait limiter la décharge des herbages.

En attendant, les abattages de vaches de réforme sont plus soutenus (= /2019 et +6% /2018). Les réouvertures partielles de chaînes de restauration rapide, dont McDonald’s, participent à ce rebond.

En mâles, les dynamiques sont contrastées : les abattages de JB sont en nette hausse (+34% /2019 et +29% /2018) alors que ceux de bœufs sont en baisse (-9% /2019 et -10% /2018). La production de bœufs reste cependant la première production bovine britannique, encore très majoritaires par rapport aux jeunes bovins mâles entiers.

Effectifs en baisse

Le cheptel de bovins du Royaume-Uni au 1er avril 2020 était plus faible qu’un an auparavant, selon les données du British Cattle Movement Service et d’AHDB. Le nombre total de bovins de moins de 30 mois a diminué d’environ 74 500 têtes. Le nombre de bovins adultes a également diminué.

À court terme, le nombre de gros bovins de 12-30 mois disponibles pour la production de viande est en baisse de près de 75 000 têtes.

Le nombre de bovins de moins de 12 mois est en hausse d’un peu plus de 3 000 têtes. Dans cette classe d’âge, les données montrent une baisse du nombre de mâles laitiers, mais une augmentation des bovins de « type viande » (croisés inclus dans la définition britannique), reflet de l’augmentation de l’utilisation de semences sexées dans les élevages laitiers.

Dans le cheptel de souche, le nombre de femelles laitières de plus de 30 mois est inférieur de 49 000 têtes /2019. Même tendance pour les femelles allaitantes de plus de 30 mois, en baisse de près de 24 000 têtes sur l’année. La production devrait donc s’inscrire globalement à la baisse à moyen terme.

Achats des ménages dynamiques

Par rapport à son analyse précédente qui montrait qu’au cours des premières semaines de confinement la demande totale de viande rouge était légèrement inférieure à celle d’avant le confinement et ce malgré une augmentation des ventes au détail, AHDB estime que la demande en viande rouge a rebondi et est désormais en légère hausse par rapport à l’année dernière.

Parmi les viandes rouges, la demande en viande bovine progresse depuis la semaine 17, mais de façon plus limitée que celle du porc. La demande de viande hachée a été forte et les ventes au détail de steak ont augmenté en volume mais pas en valeur, en lien avec l’augmentation significative de l’activité promotionnelle de certains détaillants pour écouler une marchandise habituellement prisée en restauration (cf. infra).

L’analyse d’AHDB, basée sur les ventes hebdomadaires au détail selon Kantar, suppose une fermeture complète du marché de la restauration commerciale (hors plats à emporter et livraisons), qui couvre environ 80% du secteur global de la RHD. De nombreux restaurants d’entreprises, cantines scolaires et autres collectivités sont également fermées, mais non inclus dans le calcul (avant le confinement, ce secteur représentant environ 12% de la demande en RHD). Cette analyse n’est pas un bilan à proprement parler et ne fait pas intervenir le commerce extérieur.

En attendant, en semaine 22, l’analyse hebdomadaire de Kantar montre que les achats de viande bovine dans les magasins de détail au Royaume-Uni progressent encore. Les ventes de burgers et de grillades de bœuf (produits uniquement réfrigérés, incluant d’autres protéines mais très majoritairement de la viande bovine) se sont accélérées et sont à nouveau en nette croissance en valeur (+71% /2019).

Au sein de la viande bovine (primary beef), les différents types de viande réfrigérées et congelées connaissent des fortunes diverses. En semaine 22, la croissance moyenne des ventes de ce type de produit (+19% /2019) était à nouveau inférieure au taux de croissance globale de ventes de produits alimentaires et de boissons (+29% /2019). Les ventes de viande à bouillir ont ralenti (+1% /2019) après 12 semaines de croissance à deux chiffres. Les steaks (+20% /2019) prennent une part croissante des ventes en volume de cette catégorie de produits. Idem pour les rôtis (+28% /2019). D’après AHDB, les ventes de viande hachée pur bœuf ont de nouveau progressé (+11% /2019) pour représenter 56% des volumes de viande bovine (primary beef).

Plus d’export et moins d’import sur le 1er trimestre de 2020

En cumul sur le 1er trimestre 2020, les tendances observées tout au long de 2019 se confirment : les importations britanniques de viande bovine régressent quand les exportations progressent. Les importations qui ont globalement atteint 62 000 t (-11% /2019) ont diminué depuis l’Irlande (-10%), les Pays-Bas (-20%), mais ont progressé depuis la Pologne (+8%) et les exportations qui ont atteint 34 000 t (+8%) ont augmenté principalement vers les Pays-Bas (+12%) et les pays hors UE (+36%).

La tendance a cependant été un peu différente pour le seul mois de mars 2020, affecté par le début des mesures de restrictions liées à la pandémie de Covid-19. Les exportations ont été stables par rapport à l’année dernière à 12 500 t quand les importations ont augmenté (+5% à 23 500 t), principalement depuis l’Irlande (+9% /2019 à 19 500 t) et la Pologne (+9% 1 500 t).