Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La progression rapide du cours du veau de boucherie rosé clair 0 s’est poursuivie en octobre, portant la cotation au-dessus du faible niveau de 2018. La demande ferme en Italie et en France, ainsi que la baisse de la production communautaire en fin d’été participent de l’assainissement du marché européen.

Les cours progressent rapidement

Après un 1er semestre marqué par des cours au plus bas, les cotations des veaux de boucherie de type laitier enregistrent une hausse saisonnière exceptionnellement prononcée. La cotation du veau rosé clair O a gagné 31 cts en un mois, à 5,68 €/kéc en semaine 45. Elle dépasse de 9 cts son niveau de 2018 (+1,6%) mais reste 14 cts sous son niveau élevé de 2017 (-2,4%). Le cours du veau rosé clair R représentatif des Croisés lait-viande connaît une hausse plus modérée, le développement du croisement étant plus rapide que celui de la demande en veaux mieux conformés. Il a atteint 6,11 €/kéc, soit +23 cts en un mois, à un niveau toujours inférieur aux années précédentes (-1,8% /2018 et -2,6% /2017).

Assainissement du marché européen

Aux Pays-Bas, le cours du veau de boucherie pie-noir néerlandais a gagné 20 cts en quatre semaines. A 4,70 €/kéc en semaine 43, il s’établit à un niveau intermédiaire entre son niveau de 2018 et le haut niveau de 2017 (+3% /2018 ; -4% /2017). Selon les experts, les prix sont tirés par le marché italien où l’offre s’est raréfiée alors que la demande est ferme ; tandis que la demande se maintenait en France et en Allemagne. De plus les abattages de veaux gras aux Pays-Bas ont ralenti depuis août avec 17 400 téc (-13% /2018), après avoir  été très dynamiques depuis janvier, à raison de 152 200 téc sur 8 mois (+2,5% /2018).

Un manque de veaux en Italie

Le cours du veau de boucherie a gagné 1€ en 3 mois en Italie. Il atteint le niveau exceptionnellement élevé de 5,85 €/kéc en semaine 44, soit +17% /2018 et +10% /2017. Avec 7 100 téc, la production italienne a reculé de -5,5% /2018 au mois d’août, et elle s’est repliée de -3% /2018 sur les 8 mois cumulés depuis janvier. La chute de la production en Italie comme aux Pays-Bas a provoqué un basculement du marché où la demande est plutôt ferme.

Le marché français est fluide

L’assainissement du marché français est liée à la fois à une offre française contenue et à la fluidité retrouvée du marché européen, et en particulier italien. D’après les experts, les intégrateurs ont nettement réduit les mises en place depuis  5-6 mois, du fait des retards de sorties mais aussi par prudence. La production abattue de veaux gras a chuté de -5% en téc en octobre, limitant la hausse de la production annuelle à près de +1%. L’alourdissement des veaux, exacerbé par l’attente en atelier, a de nouveau plus que compensé le repli des effectifs abattus sur la même période.

Le vieillissement et l’alourdissement des veaux stoppés

En septembre, la progression des poids et âges des veaux abattus, induits par l’encombrement du marché, a été stoppée puis faiblement résorbée. Le rétablissement pourrait ne pas être total, car le vieillissement et l’alourdissement s’inscrivent dans une tendance de long terme de la filière. En septembre, le poids moyen des carcasses a encore progressé de +1,5% /2018 à 147,2 kg, après +2% sur les huit mois précédents ; et l’âge moyen était de 188 j, soit +3 j /2018 (+2%) contre +7j (+4%) en cumul depuis janvier. Sur les 9 dernières années, le poids et l’âge des veaux gras abattus progressait en moyenne de +1,1 kg et de +1,7 j par an.

Un marché fluide en fin d’année

Avec un marché européen assaini et une offre française réduite en fin d’année, les cours des veaux gras pourraient continuer à augmenter encore quelques semaines avant de se stabiliser jusqu’en début 2020.