Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

La collecte de lait de chèvre s’est redressée après un premier semestre 2019 difficile, et a enfin rattrapé la collecte des années précédentes. Ce scénario est d’autant plus positif que la consommation nationale et les exportations se redynamisent.

 

Un rattrapage tardif de la collecte annuelle 2018

Fin octobre, la collecte cumulée depuis janvier a quasiment rattrapé le niveau atteint à la même période en 2018, s’établissant à 419,6 ML (-0,2% /2018). Le rebond de la collecte observé depuis août a été particulièrement prononcé en octobre, remontée à 39,3 ML, soit +4,5% /2018.

Ce rebond s’explique d’abord par l’augmentation du cheptel national (+2% /2018), qui aurait dû être à l’origine d’une augmentation de la collecte de lait de chèvre dès le début de l’année. Cependant, les épisodes caniculaires estivaux de 2018, la sécheresse, la mauvaise récolte fourragère et le décalage conséquent des lactations ont ralenti la progression de la collecte début 2019. En outre, selon les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, le rebond affiché au deuxième semestre pourrait aussi s’expliquer par une récolte fourragère de début de printemps de meilleure qualité, qui aurait permis « le retour à la normale » en termes de rendements, et s’est aussi manifesté via l’augmentation des taux protéiques et butyreux.

Si la tendance globale s’oriente à la hausse, il s’agit d’une progression différenciée en fonction des régions. La collecte dans les Pays de la Loire connaît une progression importante depuis plusieurs mois (+3% cumul à octobre /2018). Elle continue de baisser en Nouvelle Aquitaine, le principal bassin, et dans le Centre-Val de Loire, respectivement de -2% et -3% /2018 sur les collectes cumulées fin octobre.

Reprise des importations, mais approvisionnement en baisse

Le mois d’octobre affiche aussi une reprise des importations. Très ralenties jusqu’en septembre, elles ont fortement rebondi en octobre 2019 (+26% /2018). Néanmoins, les approvisionnements cumulés depuis janvier restent inférieurs à ceux cumulés en 2018 (-8% /2018). Les stocks des produits de report caprins sont pour leur part 35% en deçà de leur niveau en 2018 (et 29% en dessous de la moyenne 2015-2018).

La baisse de la collecte espagnole (suite à des abattages massifs en Andalousie, principal bassin caprin) en est la principale responsable. Cependant, d’après les derniers chiffres du FEGA, la collecte espagnole aurait inversé la tendance baissière, ce qui expliquerait la reprise des importations (l’Espagne étant le principal fournisseur en lait de chèvre pour la France).

Les débouchés des fromages de chèvres se dynamisent

Cette reprise de la collecte est d’autant plus nécessaire que la consommation de fromages de chèvre en France est particulièrement dynamique (en moyenne +1,7% de ventes en libre-service depuis le début de l’année). Cette augmentation des volumes vendus va de pair avec une relative hausse du prix (+1,9% par rapport au cumul 2018, à 11,90 €/kg) qui, logiquement, tire la valeur vers le haut. Ainsi, fin novembre 2019, la valeur vendue cumulée en libre-service aurait augmenté de 3,6% par rapport à la même période en 2018 !

Jusqu’à présent, dans le contexte de baisse des disponibilités de lait de chèvre, les transformateurs avaient privilégié l’approvisionnement du marché intérieur aux exportations. Cependant, la reprise de la collecte et des importations a permis leur reprise. En effet, les exportations de produits laitiers n’auraient baissé en octobre que de -2% /2018 d’octobre 2019, après -16% en septembre.