Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Le dynamisme de la production laitière, entamé depuis le dernier trimestre de l’année 2022, n’aura tenu que sur le mois de janvier 2023, laissant ainsi place à une stabilité en février. Mais face à une demande morose, les transformateurs ont contenu leurs approvisionnements en réduisant encore leurs importations de produits de report. Ainsi, ils ont préservé les fabrications de fromages de chèvre, dont la structure a évolué différemment selon la catégorie des produits.

Une collecte contenue en février

La dynamique haussière de la collecte de lait de chèvre, entamée depuis le dernier trimestre de l’année 2022, n’aura été maintenue que pendant le mois de janvier 2023. En février, la collecte nationale de lait de chèvre a été stable d’une année sur l’autre à près de 33 millions de litres. Cet arrêt de la croissance aurait été suivi d’une baisse de la collecte en mars d’après les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer. Ce retournement de tendance peut être imputé en partie à la baisse des rendements laitiers, impactés par des faibles disponibilités fourragères mais également au décalage des naissances. La troisième raison semble être la baisse du cheptel caprin français. La collecte nationale devrait ainsi évoluer modestement au 1er semestre, puis, sauf évènement climatique majeur, se redresser au second semestre, voire dès le printemps.

Le cumul de la collecte sur les deux premiers mois de l’année s’établit à plus de 60 millions de litres, soit +1% /2022. La collecte aurait baissé en Nouvelle Aquitaine (premier bassin laitier) et progressé ailleurs.

Repli significatif des importations début 2023

Avec seulement 4,6 millions de litres en février, les importations de produits de report ont drastiquement chuté de -36% d’une année sur l’autre, faisant suite à cette tendance amorcée depuis le mois de janvier où la baisse des importations s’établissait à -38% /2022. Les importations étant une variable d’ajustement, les opérateurs semblent s’adapter au contexte de marché marqué par une demande intérieure ralentie et une activité de fabrication qui peine à retrouver un bon élan malgré sa légère reprise. Le recul des importations peut également s’expliquer par les faibles disponibilités laitières chez nos voisins européens, notamment l’Espagne où la collecte de février a chuté de -13% /2022, à près de 31 millions de litres. Le cumul des deux mois d’importations s’établit à 9 millions de litres, soit -37% /2022. Les disponibilités totales en lait de chèvre sur janvier et février ont ainsi fléchi de -6% /2022 à 69 millions de litres.

Les fabrications de fromages légèrement croissantes

En février 2023, les fabrications de fromages au lait de chèvre ont progressé de +1% /2022, à 7 300 t. Cumulées au mois précédent, les fabrications de fromages sont restées stables d’une année sur l’autre à 15 000 t.

Sur les deux premiers mois, les fabrications de bûchettes à la pièce, qui font environ 48% des fabrications totales de fromages de chèvre, ont progressé de +1% /2022, à 7 400 t. Celles de fromages frais, en deuxième position des fabrications, ont chuté de -11% /2022, à 1 920 t. Les autres fromages, type camembert, fromages à la coupe, bûches à la coupe, ont enregistré une progression de leurs fabrications allant de +6% à +20% /2022. Enfin, les volumes de crottins à la pièce et autres fromages à la coupe ont fléchi respectivement de -5% et -10% d’une année sur l’autre.

Cette légère hausse des fabrications totales de fromages a permis de satisfaire essentiellement la demande extérieure qui est restée dynamique sur les deux premiers mois de l’année. Les exportations de fromages ont bondi en janvier de +7% /2022, à 2 700 t et ont progressé plus modestement en février, à 2 684 t (+1%). La consommation des ménages, qui est le principal débouché des fromages de chèvre, a chuté de -4% en janvier, à 3 700 t, et de -3% en février, à 2 800 t.