Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Près de deux mois après Pâques, le marché français de la viande d’agneau s’est tassé. La demande a diminué plus vite que l’offre, provoquant une baisse de la cotation qui reste toutefois à des niveaux toujours très élevés. Les importations de viande ovine à destination du marché français ont poursuivi leur recul et, malgré la hausse des achats d’agneaux vivants, l’offre française est restée inférieure à la demande.

La cotation française poursuit sa décrue

A 7,26 €/kg en semaine 22 (se terminant le 6 juin), la cotation française continue de diminuer de façon traditionnelle. Bien que l’écart avec les niveaux des années précédentes s’amenuise légèrement, du fait d’un commerce particulièrement calme, la cotation reste exceptionnellement élevée. Cette dernière survole son niveau de l’an passé de +0,77 €/kg et de +1,13 €/kg comparé à 2019.

Des abattages français artificiellement bas en avril

En avril 2021, la production abattue était de 7 660 téc. Comparé à 2020, année durant laquelle Pâques à eu lieu à la mi-avril, la baisse des abattages a été prononcée (-15%, soit -1 300 téc). Si on compare à avril 2018 (Pâques le 1er avril 2018), l’évolution est de +3%.

Sur les quatre premiers mois de 2021, les abattages d’ovins étaient dynamiques : ils ont progressé de +8% /2020 et de +4% /2019, en volume. Les importations d’agneaux vivants sont de nouveau venues étoffer le disponible français, avec notamment des achats d’agneaux espagnols qui ont triplé d’une année sur l’autre.

Baisse des importations de viande ovine

Selon les douanes françaises, les importations de viande ovine sont restées particulièrement dynamiques en avril : +23% d’une année sur l’autre, à 8 300 téc.

Toutefois, le très probable transit par la France de viande ovine britannique continue d’étoffer ces importations françaises, et ce depuis le début de l’année. En avril, selon les douanes, les importations de viande ovine en provenance du Royaume-Uni ont plus que doublé d’une année sur l’autre.

Après déduction du ré-export, les importations de viande ovine destinées au marché français ont baissé en avril, de -3% /2020. Elles sont aussi inférieures de 4% à celles de 2018, année la plus proche de la situation de 2021 compte-tenu des dates de Pâques. En réalité, les importations de viande d’agneau ont été assez peu dynamiques en avril 2021.

Comme les mois précédents, les achats étaient en hausse seulement en provenance d’Espagne et les importations de viande ovine irlandaise ont quant à elles chuté tout comme celles en provenance de Nouvelle-Zélande.

Exportations toujours élevées en avril

Comme depuis le début de l’année, les envois français de viande ovine ont été boostés par le ré-export de viande britannique. En avril, ils ont été multipliés par 3,5 d’une année sur l’autre, totalisant 2 600 téc. Les exportations se sont de nouveau envolées vers l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas, principaux débouchés du Royaume-Uni.