Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 359 Mars 2024 Mise en ligne le 25/03/2024

Après plusieurs années sous pression, le prix du chevreau engraissé a bien progressé en 2019. La date tardive de Pâques a poussé les opérateurs à congeler davantage de volumes en mars, dont les volumes ont été quasi-intégralement écoulés à l’export.

La cotation du chevreau rebondit

Après plusieurs années sans évolution notable, le prix du chevreau engraissé de 11 kg a connu une nette progression en avril. A 3,40 € / kg vif les deux semaines précédents Pâques, il a bondi de près de 20 cts par rapport au pic pascal de 2018 et de 23 cts /2017. La cotation  a ainsi retrouvé le niveau pratiqué entre 2012 et 2015, soit 5 cts sous le record de 2011. Cette hausse devrait booster le résultat des engraisseurs, malgré un prix de la poudre de lactosérum, qui constitue l’essentiel des charges d’engraissement des chevreaux, relativement élevé.

Des abattages en progression

Boostés par des disponibilités abondantes, dans le sillage de la hausse du cheptel de reproductrices, les abattages de chevreaux ont progressé de près de 2% en cumul à avril, à près de 362 500 têtes. Mensuellement, les effectifs abattus se sont effondrés en mars (-39%), puis ont explosé de 110% en avril. La date tardive de Pâques a en effet incité les engraisseurs à garder davantage les chevreaux pour les commercialiser les deux semaines précédant la période pascale, au pic de consommation. Le poids carcasse moyen des chevreaux a ainsi progressé de 4% par rapport au bas niveau de 2018, à 5,8 kg, mais est resté finalement bien maîtrisé. En revanche, une grande partie des volumes produits en mars ont dû être congelés, faute de débouchés en frais.

Des volumes supplémentaires massivement exportés

A près de 1 410 téc de janvier à avril, les exportations cumulées de viande caprine ont bondi de près de 16% d’une année sur l’autre (+ 190 téc). Les envois de viande fraîche ont cependant reflué de 2%, à 843 téc, impactés par l’érosion graduelle de la demande italienne. Mais les expéditions de viande congelée ont explosé (+59%), notamment pour nourrir un marché portugais qui confirme son statut de 1er acheteur de viande caprine française. Les exportateurs ont bénéficié du repli des expéditions grecques, pénalisées par un cheptel dont l’érosion graduelle limite les disponibilités. De plus, les chevreaux abattus en Grèce ont vraisemblablement davantage été commercialisés sur le marché intérieur en raison de la proximité de la date des fêtes pascales catholique et orthodoxe dans un pays qui a enfin renoué avec la croissance économique. Ainsi, les exportations de viande caprine française ont été mieux valorisées, avec un prix moyen en hausse de 1,4% à 7,22 €/kg sur 4 mois. La viande fraîche s’est échangée à 7,59 €/kg éc en moyenne (+3% /2018),  contre 6,68 € / kg éc (+1% /2018) pour la viande congelée.