Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 342 Septembre 2022

Le cours de l’agneau français continue d’osciller autour de la barre élevée des 8 €/kg fin août, signe d’un marché relativement équilibré, entre une offre peu abondante et une demande contenue par les prix. Pour la rentrée, les achats semblent encore s’amoindrir, faisant légèrement baisser la cotation entrée abattoir.

Le cours français toujours stable, autour des 8 €/kg

La cotation de l’agneau lourd entrée abattoir est relativement stable et oscille autour des 8 €/kg depuis Pâques. En semaine 35 (terminée le 4 septembre), correspondant à la rentrée scolaire, le commerce, jugé morose par les opérateurs, a entraîné un effritement de la cotation de 6 centimes d’une semaine sur l’autre, à 7,97 €/kg. Elle surpassait encore de +0,79 €/kg son niveau de 2021 et de +1,06 €/kg celui de 2020.

La demande n’est pas élevée, mais l’offre non plus : le marché est équilibré bien que particulièrement calme. Le taux d’inflation était de près de 7% en août.

Toujours à des niveaux déjà exceptionnellement élevés, l’IPAMPA ovin viande atteignait 136,3 points en juillet (soit +23 points /2021) du fait de la forte hausse des indices énergie et lubrifiants (+57% /2021), engrais et amendements (+86%), mais aussi aliments achetés (+29%).

Si la hausses des charges dépend beaucoup du système de production, d’après les prévisions Idele, l’augmentation de la cotation observée depuis 2020 – qui atteint aujourd’hui des niveaux historiques – pourrait cependant dans certains cas ne pas suffire à absorber cette flambée du prix des intrants.

Des volumes abattus en France en net recul au 1ersemestre 2022

Selon Agreste, la production abattue de viande ovine a chuté de -8% d’une année sur l’autre en juillet, à 8 000 téc. 350 000 agneaux ont été abattus, en repli de -8% /2021 ; les réformes étaient quant à elles stables, à 63 000 têtes. Les volumes produits pour l’Aïd al-Adha (du 8 au 12 juillet) n’auraient pas été si faibles, mais cela n’a pas empêché la baisse des abattages d’ovins ce même mois.

De janvier à juillet, la production d’ovins s’est repliée de -4% /2021, à 52 000 téc, du fait d’effectifs d’agneaux (-4%) abattus en recul ; les réformes étant stables. Les importations d’ovins vifs étaient stables d’une année sur l’autre au 1er semestre, avec des importations d’agneaux en baisse (-10%), contrebalancées par un bond des importations de réformes, qui ont presque triplé.

Selon Ovinfos, les abattages se seraient maintenus à de modestes niveaux en août.

Les importations se redressent d’une année sur l’autre, mais restent modestes

Au 1ersemestre 2022, les importations françaises de viande ovine étaient en légère hausse d’une année sur l’autre, de +4% à 40 000 téc. Toutefois, un tel volume reste relativement faible, en recul de -12% /2019.

Les achats en provenance du Royaume-Uni ont continué de se redresser en mai, si bien que sur 6 mois ils ont rebondi de +8% /2021. Ils sont toujours ralentis en provenance d’Espagne (-26% /2021 sur 6 mois), tandis qu’ils se rétablissent en provenance de Nouvelle-Zélande (+14% /2021) et d’Irlande (+24%).

Un disponible français qui s’améliore, mais reste modeste

Les abattages français suivent une tendance baissière depuis le début de l’année tandis que les importations, bien qu’en légère reprise d’une année sur l’autre, restent inférieures à leurs niveaux de 2019. Cela affecte d’autant le disponible français. Au 1ersemestre 2022, il était en légère hausse de +1% /2021, mais en net repli de -7% / 2019.