Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Le confinement au printemps a bouleversé les habitudes de consommation et la demande de viande de chevreau n’a pas été au rendez-vous. Avec une production en repli et des prix toujours très bas, la filière tente de se relever de la crise. Les stocks de viande congelée ont été partiellement écoulés pendant l’été et devraient continuer de se résorber à Noël, deuxième pic de consommation annuel.

Le cours du chevreau peine à remonter

Le confinement des Français à Pâques (pic de consommation) a impacté négativement la consommation de viande de chevreau. Les distributeurs ont limité les approvisionnements des étals, faute de visibilité sur la demande. D’importants stocks de viande congelée ont alors été constitués, et pèsent encore sur le marché. Depuis, le cours du chevreau a du mal à se relever.

Ainsi, à 2,60 € /kg vif, la cotation du chevreau engraissé a cédé 10 centimes aussitôt après Pâques, puis s’est maintenue à ce niveau pendant l’intersaison (soit près de -3% /2019). De plus, la hausse saisonnière attendue début septembre est arrivée avec un mois de retard, si bien que la cotation reste en deçà des niveaux atteints en 2019. Avec une évolution en dents de scie, la cotation moyenne de septembre à mi-novembre s’établit à 2,76 € /kg, contre 2,99 € /kg vif un an auparavant à pareille époque (soit -7% /2019).

Des abattages en repli

Avec 416 000 têtes sur 9 mois, les abattages de chevreaux ont reculé de -3,6% par rapport à 2019. Cette baisse est principalement imputable à la crise sanitaire (et le ralentissement des ramassages), et secondairement aux moindres mises bas imputables au développement des lactations longues et à la contraction du cheptel.

Le recul des effectifs abattus s’accompagne d’un allègement du poids moyen des carcasses de -2% /2019 (à 5,80 kgéc en moyenne pondérée). La date précoce de Pâques a sensiblement réduit les durées d’engraissement des chevreaux : les engraisseurs ont avancé les sorties des animaux, afin de coller au moment attendu du pic de consommation.

Au final, la production de viande de chevreau s’est contractée de -5,1% /2019, à 2 400 téc sur 9 mois.

Les stocks de congelé partiellement réabsorbés pendant l’été

A près de 1 400 téc de janvier à août, les exportations cumulées de viande caprine se sont écroulées de – 23% d’une année sur l’autre (-420 téc). En effet, elles ont été impactées par la mise en place du confinement au Portugal et en Italie, principaux débouchés à l’export de la viande caprine française. Les expéditions de viande caprine ont alors chuté de -21% en mars et -48% en avril (avec 721 téc exportées lors de la campagne pascale).

Les exportations ont été toutefois presque rétablies en juin, dès la levée des restrictions de circulation, avec 170 téc exportés,(–5% /2019). Ensuite, les envois ont été multiplié x3 en juillet (130 tec) et ont bondi de +40% en août (65 téc). Avec des volumes plus réduits qu’au printemps, le rétablissement des flux pendant l’été a tout de même permis d’écouler une part des 500 téc de viande congelée, stockées au plus haut de la crise sanitaire. Ainsi, cumulés de janvier à août, les envois de viande fraîche ont fléchi de -32% /2019, contre -13% /2019 pour la viande congelée. En valeur, ces envois ont reculé de -25% /2019, à 8,6 millions d’euros.

Les stocks devraient continuer de se réabsorber lors de la campagne de Noël, deuxième pic de consommation, où les disponibilités sont souvent peu abondantes. Mais la filière chevreau doit faire face à l’incertitude, notamment lors de la prochaine campagne de Pâques.