Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La demande en viande d’agneau a été forte pour Pâques et les abattages du mois de mars l’ont été tout autant pour approvisionner le marché. Les importations de viande ovine étaient toutefois en recul et la forte hausse des achats d’agneaux vivants a alors permis de compléter l’offre française lors de cette période cruciale pour la filière.

Le cours français poursuit sa lente baisse saisonnière

A 7,42 €/kg en semaine 18 (se terminant le 9 mai), la cotation française poursuit sa baisse saisonnière post-Pâques. Très modérée, celle-ci est contenue par une demande toujours active, grâce au Ramadan. En hausse de +0,92 €/kg d’une année sur l’autre, soit +14%, la cotation demeure à un niveau exceptionnellement élevé.

Les abattages français ont ralenti en avril, après avoir été particulièrement actifs au 1er trimestre et les importations sont probablement demeurées ralenties.

Des abattages français très dynamiques à l’approche de Pâques

Face à une demande des Français au rendez-vous pour célébrer l’agneau pascal, l’approvisionnement s’est accéléré au mois de mars. Il y a eu deux belles semaines d’abattages en 2021, comme ce fût le cas en 2019, pour Pâques (abattages en avril 2019 = 9 225 téc).

En mars 2021, à 9 527 téc, la production abattue a fortement progressé d’une année sur l’autre : de +2 800 téc soit +41% /2020. Cependant cette hausse est « seulement » de +3% comparée à avril 2019 (Pâques était le 21 avril) ou encore à mars 2018 (Pâques le 1er avril),.

Au 1er trimestre 2021, les abattages français de viande ovine ont fortement progressé en volume, de +19% /2020 et de +13% /2019, grâce à des importations d’agneaux vivants qui sont venues étoffer le disponible français.

Forte hausse des importations d’agneaux vivants pour Pâques

A l’approche de Pâques, les importations d’agneaux vivants ont été multipliées par 13 comparées à celles de mars 2020 et ont même presque doublé par rapport à mars 2018 (+93%). 25 700 agneaux ont ainsi été importés, principalement d’Espagne, pour étoffer la production nationale. L’arrêt des envois d’ovins vifs espagnols vers la Libye, depuis l’incident de décembre dernier (bateaux chargés de veaux espagnols refusés pour suspicion de FCO), a probablement provoqué un report vers d’autres clients importants, comme la France. Ces achats d’agneaux vifs sont venus contrebalancer des importations de viande en retrait et ont ainsi permis de répondre à la demande des ménages.

Des importations en trompe l’œil en mars

Les importations françaises de viande ovine ont été particulièrement dynamiques en mars : +53% d’une année sur l’autre, à 10 300 téc. Toutefois, le très probable transit par la France de viande ovine britannique a étoffé artificiellement les importations françaises. Selon les Douanes françaises, les volumes en provenance du Royaume-Uni ont plus que doublé entre mars 2020 et mars 2021 (x 2,5).

Après déduction du ré-export, les importations de viande ovine destinées au marché français ont augmenté en mars de « seulement » +11% /2020. Soit un volume net importé bien moindre qu’en 2018 (-18%), année la plus proche de la situation de Pâques 2021. Au final, les importations de viande d’agneau ont été relativement peu dynamiques le mois précédent Pâques.

Les achats étaient en hausse seulement en provenance d’Espagne (+33% /mars 2018). Les importations de viande ovine irlandaise ont quant à elles chuté (- 8% /mars 2018), tout comme celles de Nouvelle-Zélande (-44% /mars 2018). En retirant les volumes qui n’ont fait que transiter par la France, les imports de viande ovine britannique ont reculé de -27%/ mars 2018.

Des exportations exceptionnellement élevées depuis janvier

Comme en janvier et février, les envois français de viande ovine ont été boostés par la ré-expédition de viande britannique. Portés à 3 200 téc en mars, ils ont été multipliés par six d’une année sur l’autre. Les exportations se sont envolées vers l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas, principaux débouchés du Royaume-Uni.