Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Le cours de l’agneau français n’a cessé de s’apprécier après la période estivale et s’est ensuite stabilisé à un niveau élevé à la mi-septembre. Après un regain à la rentrée, grâce aux animations commerciales, la consommation s’est atténuée. L’offre française exceptionnellement basse, équilibre toutefois le marché.

Face à une demande restreinte, le recul de l’offre soutient la cotation

En semaine 45 (se terminant le 8 novembre), la cotation de l’agneau français s’est établie à 7,0 €/kg, soit près de 75 centimes de plus d’une année sur l’autre. Les professionnels ont constaté un léger rebond des achats des Français le week-end du re-confinement (fin de semaine 44), associé à un regain des abattages, mais dans l’ensemble l’offre et la demande restent conjointement basses. Malgré des niveaux de 2019 retrouvés en septembre, les importations restent en retrait et participent à cet équilibre.

Le marché de la viande ovine est donc plutôt léger en France, soutenant la cotation de l’agneau.

La production française repart à la baisse en septembre

En septembre, le nombre d’agneaux abattus a diminué de -6% /2019, celui des réformes de -11%, portant la production totale de viande ovine à -7% /2019. Les abattages demeureraient en retrait en octobre, d’après les premières remontées des abattoirs.

De janvier à septembre, le poids moyen des agneaux a baissé de -1% /2019, tandis que celui des ovins adultes abattus s’est alourdi (+3% /2019). La production totale de viande ovine enregistre une légère baisse, de -1% /2019, avec des abattages d’agneaux stables et de réformes en baisse (-4%).

La pousse des prairies a été très déficitaire cette année : – 30% de mars à octobre /2019, selon Agreste. La sécheresse estivale a ralenti voire stoppé la croissance de l’herbe. Certains éleveurs manquent déjà de paille ; pour d’autres, c’est le stock de fourrage donné aux brebis à l’entretien qui s’épuise. La situation cet hiver pourrait de nouveau être préoccupante.

Les importations françaises globalement stables en septembre

A l’image de la dynamique globale en 2020, les importations de viande irlandaise ont été en nette hausse en septembre, de +20% d’une année sur l’autre. Elles ont en revanche baissé en provenance d’Espagne (-4%), de Nouvelle-Zélande (-4%) et du Royaume-Uni (- 13%).

D’autres fournisseurs, moins importants, ont contribué à cette stabilité : +80% /2019 en provenance des « autres pays ». Les Pays-Bas (attention, part de ré-export avec le port de Rotterdam), l’Italie, l’Iran, le Chili et l’Uruguay ont en effet vu leurs envois vers la France progresser.

La stabilité des importations en septembre a légèrement rehaussé le cumul depuis le début de l’année (9 mois), qui s’établissait alors à -11% (soit -7 500 téc).

La consommation française en légère baisse en septembre

En septembre, la consommation de viande ovine calculée par bilan a presque égalé son niveau de l’an dernier (- 2% /sept 2019 et sept.2018), grâce à des importations stables.

Cumulée sur 9 mois, elle accuse toujours un net repli estimé à -6,1% /2019, principalement en raison de la chute des importations.