Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Au sein de l’Union européenne, la France comme le Royaume-Uni, l’Irlande ou encore l’Espagne manquent d’agneaux pour répondre à la demande. En Australie, la reconstitution du cheptel ovin, facilitée par un hiver austral doux et humide, limite les disponibilités tandis qu’en Nouvelle-Zélande, la baisse du cheptel provoque un repli de l’offre.

Royaume-Uni : l’offre restreinte soutient la cotation britannique

La cotation britannique reste élevée : à 4,93 €/kg en semaine 40 (se terminant le 4 octobre), elle surplombe de +0,79 €/kg son niveau de 2019 et de +0,54 €/kg celui de 2018 (cours 2019 affectés par l’incertitude liée au Brexit).

La production britannique a chuté de -8% sur 8 mois. La forte hausse en juillet puis la baisse en août sont en partie imputables au décalage des dates de l’Aïd entre 2019 et 2020. Le fléchissement des sorties tient à la baisse du cheptel national, dont l’inventaire au 1er janvier 2020 est toujours indisponible à l’échelle du Royaume-Uni. Le cheptel ovin anglais, un peu moins de 50% du cheptel britannique, a perdu 2% de ses effectifs en 2019 (selon l’enquête de juin du DEFRA), à 10,5 millions de têtes.

Après une hausse timide en juin (+3% /juin 2019), les exportations britanniques de viande ovine ont été très dynamiques en juillet (+27%).  Ces récentes hausses n’ont pu contrebalancer les baisses observées de février à mai. Cumulés sur 7 mois, les envois de viande ovine ont fortement diminué (-8% /2019). Dans le même temps les importations britanniques de viande ovine ont fléchi de -14% /2019.

Irlande : des approvisionnements en agneaux limités

La cotation irlandaise reste très élevée, malgré la baisse saisonnière : 5,20 €/kg en semaine 41, soit +68 centimes d’une année sur l’autre. Cela tient en partie à la fermeté des cours en France. L’Irlande exportant près de 95% de sa production de viande ovine, son prix intérieur est orienté par celui de ses principaux clients, en premier lieu par la France, son premier débouché.

En août, les exportations irlandaises vers la France ont reculé d’après les douanes françaises, à la fois en raison de faibles disponibilités en agneaux finis irlandais et en raison de la baisse de la demande des importateurs français. La baisse des abattages a perduré en septembre. Les agents d’abattoirs auraient travaillé d’arrache-pied pour s’approvisionner davantage sur les marchés, mais aussi directement auprès des élevages.

Nouvelle-Zélande : La hausse des envois s’est poursuivie en août

Mi-2020, le cheptel ovin néo-zélandais a diminué de -2% d’une année sur l’autre, selon la dernière enquête cheptel de juin réalisée par Beef + Lamb New Zealand.

De nombreux agriculteurs ont « déstocké » en abattant un nombre conséquent d’agneaux (hoggets) face aux sécheresses prolongées, d’autant qu’ils sont confrontés à l’expansion du pâturage hivernal par les éleveurs laitiers. La productivité numérique des brebis a aussi été impactée par la sécheresse (brebis en moins bon état du fait d’une alimentation appauvrie).

Même si en août, la production néozélandaise était en baisse, les envois totaux ont augmenté, de +10%. Une partie des envois, initialement destinés à la Chine, aurait été réorientée vers la Royaume-Uni face à l’épuisement des stocks britanniques en août. Les exportations néozélandaises de viande ovine étaient stables sur 8 mois et, selon Beef and Lamb New Zealand, auraient doublé d’une année sur l’autre au mois de septembre.

Fragilisé par la pandémie, le prix de l’agneau néozélandais est bien en-deçà de son niveau de l’an passé (-0,95 €/kg), à 4,03 €/kg en semaine 40.