Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

En 2021, la filière néozélandaise devrait voir sa production baisser et en Australie, la dynamique de reconstitution du cheptel perdure, ce qui pèse sur les sorties et les exportations. Au sein de l’Union européenne, les rendements pourraient être à la hausse cette année. Au Royaume-Uni, la production comme les exportations seront inférieures à 2020.

Royaume-Uni : l’offre britannique reste limitée début 2021

La hausse du cours de l’agneau britannique s’est fortement accélérée sur les premières semaines de 2021 : +0,94 £ entre les semaines 1 et 6. La consommation intérieure au Royaume-Uni reste solide : avec la Covid-19, les Britanniques sont restés au pays, autant de consommateurs en plus ! Les volumes de viande d’agneau vendus au détail ont augmenté de + 4% au cours de l’année se terminant le 27 décembre 2020 (Kantar).

La production et les importations, toujours en recul, face à une demande forte, soutiennent les prix : en semaine 6, la cotation s’établissait à 5,81 £/kg, soit +0,84 £ /2020.

En décembre 2020, la production totale de viande ovine était stable /2019, malgré moins de jours d’activité et la fermeture momentanée des frontières fin décembre suite à  l’apparition du variant britannique.

La production de viande ovine en 2020, évaluée à 296 100 t, a reculé de -4% /2019, principalement en raison de la forte baisse des réformes (-263 000 abattues /2019). AHDB prévoit un recul de même ampleur en 2021.

Les abattages d’agneaux britanniques début 2021 seraient en-deçà du niveau 2020, pour la même période. cette baisse découlerait de celle du cheptel reproducteur, de -4% en juin 2020 (enquête agricole Defra), avec un total de 15,4M de têtes (effectif national le plus bas depuis 2012 !).

Le recul de la production freine les envois : en novembre, les exportations britanniques de viande ovine ont de nouveau chuté d’une année sur l’autre (-17% /2019), dont -27% vers la France, où la demande aurait été déprimée par un 2ème confinement. En 2021, les exportations pourraient reculer de -4% /2020 selon AHDB.

Les importations ont de nouveau reculé en novembre (-9% /2019), dont -10% en provenance de Nouvelle-Zélande, atteignant le plus bas niveau depuis 1997. Les importations devraient se replier de -2% cette année, toujours selon les estimations d’AHDB.

Irlande : les approvisionnements se resserrent après la baisse des prix

La cotation irlandaise a démarré l’année 2021 à des niveaux particulièrement élevés, puis a chuté en semaines 3 et 4 : les abattoirs auraient revu à la baisse les prix d’achat. Certains producteurs, alors réticents à baisser leurs prix de vente, ont moins approvisionné : en janvier, le nombre d’ovins abattus en Irlande a baissé de – 4%/ 2019. Parallèlement, la demande est restée solide.

Les prix ont depuis regagné du terrain, attirant de nouveau les éleveurs : en semaine 6 de 2021, le cours irlandais s’établissait à 5,40 €/kg, soit 80 cents de plus qu’en 2020 la même semaine.

L’approvisionnement en agneaux devrait s’améliorer au cours de l’année et les abattages d’agneaux devraient atteindre leurs niveaux de 2020, selon Teagasc. Les volumes produits pourraient  légèrement progresser, si la finition des agneaux est menée à son terme. Mais les prix toujours attractifs pourraient, comme en 2020, inciter certains éleveurs à anticiper les ventes.

Sur 11 mois, l’Irlande a enregistré une progression de ses exportations, de +4% /2019, soit + 1 980 téc. Toutefois, si celles-ci ont fléchi en octobre, elles se sont redressées en novembre (+3%), malgré une production en repli.

Australie : la recapitalisation du cheptel ovin se poursuit

Selon Rural Bank, les abattages d’agneaux ont chuté en janvier 2021 de -20%  par rapport à la moyenne sur 10 ans (du mois de janvier). Les abattages de réformes en janvier 2021 ont quant à eux reculé de -35% par rapport à la même période.

ABARES prévoit pour 2021 une baisse de la production d’agneaux de 7% /2020. En 2021, l’offre de réformes devrait rester encore plus faible que celle d’agneaux : troupeau national épuisé et conditions saisonnières devraient a priori permettre aux producteurs de reconstituer leur cheptel, poursuivant la tendance de 2020.

En décembre, les envois australiens étaient toujours réduits, de -14% /2019, dont -15% vers la Chine et -10% vers les États-Unis, les deux principaux clients. Sur l’année, ils ont baissé de -13% /2019, essentiellement vers la Chine, qui reste le 1er débouché, alors qu’ils ont été maintenus vers les États-Unis.

Nouvelle-Zélande : baisse des naissances printanières qui va réduire les envois en 2021

En plus d’un cheptel ovin enregistré en recul en juin 2020, les agnelages du printemps dernier (septembre à novembre 2020) ont été affectés par des conditions météorologiques défavorables durant la reproduction. Ils ont reculé de -1,5% à 23 millions de têtes. Beef and Lamb NZ estime que le nombre d’agneaux destinés à l’exportation au cours de la saison 2020-2021 devrait diminuer de -4,5% pour s’établir à 18,25 millions de têtes. De plus, la Nouvelle-Zélande devrait davantage garder ses femelles pour reconstituer son cheptel après les divers épisodes de sécheresses.

En décembre, la production de viande ovine a progressé de +11% d’une année sur l’autre, avec des abattages d’agneaux (+7%) et de réformes (+20%) en hausse. Au total en 2020, les volumes produits en Nouvelle-Zélande ont atteint 458 000 téc, en hausse de +2% /2019.

Les envois de viande ovine néozélandaise ont continué de s’améliorer en décembre : +20% /2019, avec notamment +28% vers la Chine, +7% vers le Royaume-Uni et +23% vers la France. Au total en 2020, ils ont progressé de +2% d’une année sur l’autre, à 441 000 téc, avec +2% vers la Chine (contre +14% entre 2018 et 2019) et -6% vers l’UE (-18% entre 2018 et 2019).

Suite au Brexit et à la répartition des volumes d’export néozélandais entre le Royaume-Uni et l’UE- 27, la Nouvelle-Zélande va probablement sécuriser ses envois vers ces pays au 1er trimestre 2021, vers la France notamment. Elle pourrait acheminer davantage de viande vers l’UE-27,  si la Chine réduit ses achats, comme le prévoit FranceAgriMer.