Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

Tandis que la demande mondiale reste soutenue, les sorties d’agneaux sont en repli, notamment en Irlande, au Royaume-Uni et en Australie. En Nouvelle-Zélande, l’automne sec a stimulé les sorties et augmenté d’autant le disponible à l’export. Les envois vers la Chine sont restés haussiers, tout comme vers les pays de l’UE-27.

Royaume-Uni : le disponible britannique continue son repli

Au Royaume-Uni, la production abattue a poursuivi son recul en avril, de -5% /2020. Les abattages d’agneaux (-8%) comme de réformes (-7%) ont chuté, mais la hausse des poids moyens de carcasse (+2%) a partiellement atténué la pénurie d’effectifs produits.

Les importations sont toujours ralenties, de -15% /2020 au 1er trimestre, à 14 500 téc, notamment en provenance de Nouvelle-Zélande, d’Australie et d’Irlande.

Les faibles disponibilités tendent le marché et la cotation s’envole : 6,69 £/kg en semaine 21, soit +1,24 £ /2020.

Au  1er trimestre, les exportations britanniques de viande ovine ont chuté de -26% d’une année sur l’autre en volume et de -12% en valeur, selon AHDB. Les plus fortes baisses ont été enregistrées vers l’Irlande et les Pays-Bas.

Irlande : des approvisionnements toujours restreints

Les approvisionnements sont toujours limités face à une demande intérieure élevée. En semaine 21, les Hoggets étaient cotés 7,25 €/kg, soit +1,75 € /2020 et les agneaux de printemps 7,90 €/kg, soit +1,65 € /2020.

La plupart des éleveurs ovins irlandais étant passés à l’agnelage tardif, les sorties d’agneaux de printemps se poursuivent à de bas niveaux. Les sorties d’Hoggets diminuent parallèlement et de façon saisonnière, faisant baisser d’autant le disponible à l’export.

En mai, les abattages d’ovins irlandais étaient toujours ralentis (-6% /2020) si bien que les effectifs cumulés de janvier à mai ont chuté de -8% /2020. De plus, les importations d’agneaux vivants d’Irlande du Nord ont chuté depuis le Brexit. On s’attend à un regain des abattages en juin, où davantage d’agneaux seront finis.

Du fait d’une offre restreinte, les exportations irlandaises de viande ovine sont restées faibles en mars 2021 : -19% /2020, à 3 130 téc. Elles ont reculé, notamment vers le Royaume-Uni (-54%) et la France (-41%). Avec des prix extrêmement élevés, les envois ont toutefois progressé en valeur.

Nouvelle-Zélande : une production et des envois haussiers malgré un cheptel amoindri

Après un regain en mars, les abattages sont restés dynamiques en avril : +17% de viande ovine produite en volume, du fait de sorties abondantes d’agneaux (+12% /2020) et de réformes (+50%).  Depuis mars, la Nouvelle-Zélande est entrée dans sa saison automnale, particulièrement sèche cette année, pouvant expliquer les sorties abondantes d’agneaux malgré un cheptel qui ne cesse de reculer.

Le déficit de sorties d’agneaux destinés à l’export devrait demeurer au 2nd semestre 2021, selon AgriHQ, en lien avec un cheptel en repli. Ce déficit devait accentuer la baisse saisonnière des sorties d’agneaux en Nouvelle-Zélande et ainsi provoquer une hausse conjointe des prix à l’export et de la cotation néozélandaise.

Les exportations de viande ovine ont parallèlement progressé d’une année sur l’autre en avril : +6%, avec des hausses vers la Chine (+6%), le Royaume-Uni (+18%) et la France (+50%). Comparés à avril 2019, les envois sont en revanche en baisse de -8%, avec notamment un fort repli vers le Royaume-Uni (-28%) et la France (-26%), mais une hausse vers la Chine (+11%) : rappelons en effet qu’en avril 2020, les envois néozélandais vers l’UE avaient été nettement freinés par la pandémie de Covid-19.