Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Malgré une demande pour la viande de veau en berne depuis de nombreux mois, les volumes produits progressent en 2019, pesant sur les cours des veaux gras en France et en Europe. L’été s’annonce difficile et les retards actuels de sorties limitent les mises en place. Ces retards pourraient toutefois limiter la production à l’automne et faciliter la sortie de crise.

Des cours au plus bas

En France, la cotation du veau rosé clair O élevé en atelier a poursuivi moins vite sa baisse saisonnière, tombant à 5,08 €/kg de carcasse en semaine 22 (-10% /2018 ; -7% /2017). Le veau rosé clair R pâtit en plus de l’afflux des animaux croisés lait-viande depuis quelques années et son cours s’établit à 5,57 €/kéc, soit 10% sous son niveau déjà très bas de 2018 (-9% /2017).

Un marché toujours lourd

Depuis janvier, la demande poursuit son érosion avec 22 200 tonnes de viande de veau achetées par les ménages français d’après le panel Kantar*, soit -6,6% /2018 (*ce panel basé sur un échantillon de 12 000 ménages français permet de suivre les comportements d’achat pour le domicile mais pas l’ensemble des volumes consommés). Seule la consommation à la Pentecôte semble avoir été stable par rapport à 2018,

Malgré la consommation déprimée des ménages, la production abattue s’est accrue en volume en 2019, pesant d’autant plus sur les cours des veaux gras. De janvier à avril 2019, elle a atteint 63 000 téc, soit +1% /2018. L’encombrement du marché cet hiver a poussé les intégrateurs à retarder les sorties des veaux de 1 à 3 semaines. En conséquence, l’alourdissement des carcasses a plus que compensé le léger recul des effectifs abattus (-1% /2018) et le poids moyen des veaux a encore battu des records à 148,7 kg/tête en avril, soit près de 4 kg de plus qu’en 2018. Quant aux veaux gras importés pour abattage, leur part semble s’être stabilisée autour de 4,5% depuis juin 2018.

Dans l’attente des données consolidées, il semble que les abattages poursuivent les mêmes tendances en mai avec un alourdissement marqué des carcasses et une hausse des volumes abattus.

Encombrement du marché communautaire

Aux Pays-Bas, la production abattue a progressé modérément sur janvier-février 2019, avec 349 000 veaux abattus (+1% /2018) aux carcasses 2% plus lourdes en moyenne. La hausse repose essentiellement sur la nouvelle baisse des exportations de veaux finis ramenées à 7 900 veaux (-6,5% /2018), soit une chute de 58% par rapport à 2017 et 2016.

Faute de débouché suffisant la cotation du veau de boucherie pie-noir néerlandais a encore chuté, à 4,15 €/kéc en semaine 22 (-8% /2018).

Au total, la production européenne de veaux gras a progressé de +1% sur janvier-février 2019 face à une demande européenne probablement baissière.

Vers un ajustement de l’offre française ?

Ces deux derniers mois, les intégrateurs français ont été contraints de limiter les mises en place du fait des retards de sortie des veaux. De plus, la consommation très limitée de viande de veau à l’automne dernier n’encourage pas à remplir les ateliers alors même que les petits veaux se font moins nombreux. Malgré les difficultés actuelles, et l’été qui s’annonce compliqué, les acteurs de la filière espèrent un rééquilibrage du marché à partir de novembre, à condition que la consommation se rétablisse après la période estivale.