Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 346 Janvier 2023 Mise en ligne le 19/01/2023

Les veaux mâles laitiers restent mal valorisés cet automne, malgré des naissances en net recul depuis le début de la nouvelle campagne 2022-2023. Les intégrateurs français sont toujours prudents dans leurs mises en place et l’engraissement de JB laitiers recule. Les veaux mâles et femelles croisés lait-viande résistent mieux à la baisse saisonnière car ils intéressent les engraisseurs espagnols, toujours actifs aux achats. La pénurie de viande en Europe fait gonfler les prix des bovins finis en Espagne et soutient cette filière d’engraissement.

La cotation du jeune veau laitier stagne à 59 € début décembre

En novembre et décembre, le prix du jeune veau laitier de 45-50 kg a peu varié. En semaine 49, il cotait 59 €/tête, soit +7 € comparé à 2021 et +12 € /2020. Le cours est bas, mais légèrement au-dessus des valeurs des années passés, du fait de la chute des naissances depuis le début de la nouvelle campagne et de l’attraction exercée par l’Espagne sur les veaux laitiers français.

Le veau mâle laitier plus âgé de 50-55 kg cotait, comme le mois passé, 84 €/tête (+11 € /2021 et +19 € /2020).

Le cours du veau mâle de type viande, croisé lait-viande ou mixte remonte légèrement depuis fin octobre. Il cotait 185 €/tête en semaine 49 (+25% ou +37 € /2021 et +30 € /2020). Le veau femelle de ces catégories a encore mieux résisté à la baisse que le mâle, à 146 €/tête soit +59 €/2021 ou +68% et +52 €/2020 ou +55%, les Espagnols engraissant des femelles pour leur marché intérieur et pour le marché italien.

Sursaut des naissances de veaux de mère laitière en octobre

Alors que depuis le début de la nouvelle campagne de naissances 2022-2023, les naissances de veaux de mère laitière étaient en net recul, les naissances d’octobre 2022 ont quasiment égalé celles de l’an passé. Ainsi en octobre, 333 000 veaux de mère laitière sont nés (-0,6% /2021 ou -2 000 têtes et -1,5% /2020).

Les naissances de veaux de mère laitière restent cependant en net recul de -4,7% sur les quatre premiers mois de la nouvelle campagne, avec 1 235 000 veaux nés (-61 000 têtes). Au 1er novembre, le cheptel de vaches laitières comptait 3,45 millions de vaches, en recul de -2,4% /2021, soit -83 000 têtes. Ce recul, entamé début 2022, s’est accentué depuis le début de la nouvelle campagne, avec des entrées de génisses laitières réduites par le nombre restreint de génisses élevées et les exportations accrues de ces dernières.

Les exports de veaux laitiers encore très élevés en octobre

41 500 veaux de mère laitière ont été expédiés de France entre les semaines 40 et 43, selon SPIE-BDNI, un chiffre égalant , à 500 têtes près, le record d’octobre 2021. En cumul entre les semaines 1 et 46, 324 000 veaux ont quitté l’Hexagone, soit +5% /2021 (+17 000 têtes) et +17% /2020. A cet égard, 2022 sera sans doute encore une nouvelle année d’exportations record de veaux laitiers français.

En Espagne, le prix du veau frison de moins d’un mois porté par le prix de la viande

Le veau frison espagnol de moins d’un mois a subi une moindre baisse saisonnière que l’an passé, et cotait 121 € (+16% /2021 ou +17 € et +56% /2020 ou +44 €). Les engraisseurs espagnols sont toujours inquiets de la hausse du coût des céréales, mais les prix élevés et croissants des JB espagnols permettent, pour le moment, de couvrir les coûts.

La consommation de viande bovine en Espagne est affectée par l’inflation. Cependant, le prix des JB espagnols est soutenu par la pénurie de viande en Europe et par le développement de l’export vers l’Italie et la Grèce notamment, où la demande est toujours présente, même si les prix sont jugés élevés et que la concurrence polonaise, croate ou hongroise propose des prix plus compétitifs. L’apparition fin novembre de la fièvre hémorragique épizootique du cerf en Andalousie vient assombrir l’horizon en entraînant la fermeture du marché saoudien et égyptien aux bovins espagnols.