Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

La baisse saisonnière des prix des jeunes bovins s’est enclenchée mi-mars, dans le sillage des prix italiens et allemands, malgré une offre française en net repli. Le recul des abattages en France devrait se poursuivre dans les mois à venir étant donnée la baisse significative des effectifs à l’engraissement.

-5 centimes en un mois

Entre début mars et début avril, les cotations des JB U et R ont perdu 5 centimes, à respectivement 3,99 et 3,82 €/kg de carcasse, se situant à des niveaux intermédiaires entre ceux des deux années précédentes (-1% /2018 ; +2% /2017). La cotation du JB O a quant à elle perdu 3 centimes en un mois pour tomber à 3,41 €/kg (-1% /2018 ; +3% /2017). Certes les volumes abattus en France sont très inférieurs à l’an passé (-6% sur les 4 semaines de mars pour les JB de type viande et -4% pour les JB laitiers), mais le marché du JB reste un marché européen. La baisse saisonnière des cours dans les autres États membres, particulièrement forte en Allemagne, obligent donc les opérateurs français à s’aligner.

Cotations des JB en France

Moins de sorties à venir

Les effectifs en ferme sont en baisse, ce qui conduira à un recul des sorties de jeunes bovins dans les mois à venir. Au 1er mars 2019, la BDNI enregistrait un recul annuel de 14 000 têtes pour les mâles de 18-24 mois, dont -7 000 de race à viande ou croisés (-5%) et -7 000 de race laitière (-7%). Le recul était encore plus fort pour les mâles de 12 à 18 mois : -39 000 animaux de race à viande et croisés (ou -9%) et -13 000 laitiers (-7%). L’accélération actuelle des ventes de bovins semi-finis à l’Algérie devrait accentuer ce recul (voir l’article sur les bovins maigres) et réduire encore le nombre d’animaux disponibles pour être abattus en France dans les mois à venir.

Effectifs de bovins mâles dans la BDNI - Mars 2019

Hausse des exportations de viande en janvier

L’année 2019 a bien démarré sur les marchés export. Les expéditions de viande bovine réfrigérée ont progressé de 14% à 18 000 téc, permettant d’écouler les volumes supplémentaires issus des retards d’abattages du second semestre 2018. Les ventes ont été stables sur l’Italie à 6 000 téc, mais ont bondi vers la Grèce (+22% /2018, à 4 200 téc) grâce à une campagne interne de promotion pour la viande bovine ayant stimulé la consommation ainsi qu’au retrait de la concurrence allemande et italienne. Elles ont également progressé vers l’Allemagne (+8% à 3 900 téc) où les sorties étaient ralenties en début d’année. Elles ont enfin doublé vers la Belgique, à 1 400 téc, en raison de la reprise de l’abattoir de Sarreguemines par le groupe belge Bellivo.