Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 361 Mai 2024

La baisse saisonnière des cours des JB s’est accélérée. Les difficultés actuelles sur le marché italien compliquent la donne alors que les sorties en France pourraient être légèrement supérieures au bas niveau de l’an dernier.

Baisse saisonnière prononcée pour les cours des JB de type viande

Les cours des JB de type viande, qui avaient démarré l’année à un niveau intermédiaire entre 2019 et 2018, ont décroché depuis fin février. La cotation du JB U a perdu 4 centimes en 2 semaines, passant sous la barre des 4 euros, à 3,99 €/kg de carcasse début mars (-1% /2019 et -1% /2018). Le JB R a perdu 2 centimes dans le même temps, s’établissant à 3,83 €/kg (-1% /2019 et -2% /2018).

Les cours des JB laitiers restent bas et ne profitent pas de la remontée de ceux des vaches (voir l’article sur les vaches en France). Le JB O cotait 3,36 €/kg début mars (-2% /2019 et -4% /2018).

Cotations françaises des JB

Les abattages encore modérés pour l’instant

Sur les 5 dernières semaines connues (n°6 à 10), les abattages de JB de type viande et croisés restaient en retrait de 1% par rapport à 2019 et ceux de JB de type lait de 4% d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev.

Mais l’offre à sortir en races à viande dans les mois qui viennent sera en légère hausse par rapport au très faible niveau de l’an dernier, affecté par la baisse des naissances de l’automne 2017. Au 1er février, la BDNI enregistrait une hausse de 9 000 têtes pour les mâles de 18-24 mois de type viande et croisés et de 16 000 têtes pour les mâles de 12 à 18 mois. L’engraissement de JB laitiers poursuit sa baisse. Les mâles de type lait au 1er février étaient toujours moins nombreux que l’an dernier (-2 000 pour les 18-24 mois et -6 000 pour les 12-18 mois).

Incertitude sur les marchés export

Le marché italien est actuellement très perturbé par la fermeture des restaurants, l’interdiction des déplacements et la fermeture des écoles ordonnées par décret dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Le secteur de la restauration avait déjà enregistré en moyenne une baisse de chiffre d’affaires de 30% avant le décret du 8 mars d’après une enquête de la Fipe (Fédération de la restauration commerciale et du tourisme). Les commandes de la RHD sont à l’arrêt et la réouverture prévue pour le 25 mars pourrait être encore retardée. La consommation italienne se reporte sur les achats en boucheries et en GMS, mais sur ce segment la viande française n’arrive qu’en complément de la viande issue d’animaux abattus en Italie. Pour plus d’information, lire l’article sur les JB en Europe.

Le débouché allemand pourrait quant à lui fléchir aussi à moyen terme en raison d’un ralentissement probable de l’économie outre-Rhin. La révision à la baisse des prévisions de croissance économique mondiale touchera de plein fouet ce pays très tourné vers l’exportation.

En 2019, la baisse des abattages de jeunes bovins a entrainé logiquement une baisse des exportations françaises de viande bovine réfrigérée et congelée. Celles-ci ont totalisé 211 000 téc sur l’année (-5% / 2018 et – 3% / 2017), dont 68 000 téc vers l’Italie (-7% /2018 et -10% /2017), où la filière polonaise a été particulièrement agressive sur les prix, 45 000 téc vers la Grèce (-2% /2018 et +1% /2017) et 43 000 téc vers l’Allemagne (-7% /2018 et -6% /2017).