Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 360 Avril 2024

Malgré la baisse des abattages de vaches, la décapitalisation se poursuit. Par ailleurs, la forte baisse des naissances enregistrées dans le cheptel allaitant n’est pas de bon augure pour les éleveurs.

Décapitalisation et baisse de productivité du cheptel allaitant

Le nombre de vaches allaitantes continue de reculer au même rythme que les mois précédents (-1,7% /2018 au 1er avril). En effet, le recul des entrées dans le cheptel fait plus que compenser la baisse des réformes.

Effectif de vaches allaitantes en France

À ce repli du cheptel reproducteur s’ajoute une chute de la productivité numérique qui conduit à un effondrement des naissances de veaux de mères allaitantes au 1er trimestre 2019. Celles-ci sont tombées à 1,15 million de têtes sur les 3 premiers mois de l’année (-73 000 /2018 ou -6%). Cette baisse de productivité s’explique sans doute par la sécheresse de l’an dernier, mais également par la FCO qui aurait diminué la fertilité des taureaux et provoqué des avortements et des naissances de veaux non viables.

Le cheptel laitier poursuit quant à lui son érosion de façon quasi-constante (-0,7% /2018 au 1er avril).

Abattages toujours en baisse

D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, les abattages de vaches continuent de reculer par rapport aux niveaux élevés de l’an dernier (-3% /2018 pour les vaches laitières sur les 4 semaines finissant le 12 mai et -5% pour les vaches de type viande).

Compte tenu des évolutions du cheptel et de la forte baisse du nombre de génisses prêtes à entrer dans le troupeau, tant en races laitières (-6% /2018 pour les génisses de plus de 18 mois) qu’en races allaitantes (-3%), les réformes devraient rester contenues dans les prochains mois.

Les prix se redressent sans pour autant retrouver leur niveau de 2017

Après une année noire en 2018, due à l’afflux de réformes en France et en Europe qui avait fait s’écrouler les prix, les cours se redressent mais restent inférieurs à ceux de 2017. Début mai, la vache U cotait 4,47 €/kg de carcasse (+2% /2018 mais -1% /2017), la vache R 3,85 €/kg (+3% /2018 ; -1% /2017) et la vache O 3,25 €/kg (= /2018 ; -1% /2017).

Cotations des vaches en France

Plus de viande importée au premier trimestre

Les importations françaises de viande bovine réfrigérée et congelée ont totalisé 79 000 tonnes équivalent carcasse au premier trimestre (+3% /2018 et +9% /2017). Avec 21 000 téc (+3% /2018), les Pays-Bas poursuivent leur percée, mais la hausse concerne essentiellement la viande de veau (voir l’article sur le veau de boucherie‎). L’Irlande passe devant l’Allemagne en tant que deuxième fournisseur, à 14 000 téc (+19% /2018). Les abattages massifs en Irlande en préparation du Brexit ont fortement accru les disponibilités tout en faisant pression sur les prix (voir l’article sur les femelles en Europe). L’Allemagne a en revanche diminué ses envois (-9% à 13 000 téc) en raison de disponibilités très limitées en viande de vache. La Pologne (-18% à 7 000 téc) accuse le coup du scandale de la viande issue de vaches malades. L’Italie et l’Espagne en profitent pour revenir sur le marché français. La peur des conséquences du Brexit a également poussé les Britanniques à anticiper les abattages au premier trimestre et à expédier plus de viande vers le reste de l’Europe, portant à 3 000 téc les volumes importés en France (+12% /2018).

Importations françaises de viande bovine 1er trimestre 2019

Consommation par bilan intermédiaire entre 2017 et 2018

D’après nos estimations, les disponibilités consommables en France au 1er trimestre auraient totalisé 387 000 tonnes équivalent carcasse, soit un niveau intermédiaire entre ceux des 2 années précédentes (-1,7% /2018 et +1,6% /2017).

Le panel d’achat des ménages Kantar montre l’impact de l’encadrement des promotions en GMS depuis le 1er janvier 2019. En janvier, mois où le porc était traditionnellement mis en avant, les achats de porc ont baissé de 4%, permettant à ceux de bœuf de progresser de 2%. A l’inverse en février, mois où les promos étaient traditionnellement plus axées sur le bœuf, les achats de bœuf ont chuté de près de 8% alors que le porc ne baissait que de 2%.