Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 338 Avril 2022 Mis en ligne le 20/04/2022

Les prix des veaux de boucherie ont progressé doucement en mars et avril, atteignant des niveaux élevés. La production est toujours limitée et la demande européenne bien orientée, notamment en Allemagne et en Italie. Toutefois, les éleveurs et intégrateurs doivent faire face à une hausse des prix de l’aliment et de l’énergie, amorcée en 2021 et accentuée fortement depuis la guerre en Ukraine.

Les cours ne connaissent pas de baisse saisonnière

Le cours du veau rosé clair O élevé en atelier est monté en pente douce en mars et avril, pour atteindre en semaine 14, à la veille de Pâques, 6,63 €/kg de carcasse soit +17% /2021 (+98 cts) et +23% /2020 (+1,22 €). L’offre en veau gras, bien maîtrisée, a soutenu les cours alors que les coûts de production n’ont cessé de croître depuis début 2021.

Le veau rosé clair R élevé en atelier a suivi la même tendance légèrement haussière, cotant 7,00 €/kgéc en semaine 14 (+68 cts soit +11% /2021 et +89 cts soit et +14% /2020).

Forte hausse des aliments et de l’énergie

La cotation de la poudre de lactosérum doux a atteint 1 455 €/tonne en semaine 14, soit une hausse considérable exceptionnelle en un an (+55% /2021). Depuis le début de l’année 2022, cette hausse s’est accélérée : la cotation a bondi en 14 semaines de +21%.

La poudre de lait maigre, davantage utilisée dans l’alimentation des veaux croisés et allaitants, était échangée à 4 340 €/tonne en semaine 14 sur le marché spot, soit +27% en quatorze semaines. Sa progression en un an est spectaculaire (+74%) sous l’effet de disponibilités réduites.

Pour la partie fibreuse de l’alimentation, l’indice mensuel des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) des autres aliments pour veau était de 124 points en février, soit +15% /2021 et +23% /2020. Le gaz européen était déjà en forte hausse depuis mai 2021. En février, l’indice mensuel du prix du gaz poursuivait sa hausse à travers l’IPAMPA gaz à 136 points (+22% /2021 et +21% /2020). L’impact sur le marché des céréales et du gaz de l’invasion russe de l’Ukraine sera mesurable sur les indices de mars, entraînant alors la poursuite de la hausse des coûts.

Les abattages en repli en février

En février, 92 000 veaux gras ont été abattus, en recul de -3,8% /2021 (-5,8% /2020). La production qui s’établit à 13 500 téc, a sensiblement moins baissé de -2,9% /2021 (-4,7% /2020).

Comme en janvier, la production abattue a reculé en février suite à des mises en place sans doute prudentes 6 mois plus tôt, dans un contexte de coûts déjà haussiers et de faible visibilité sur l’évolution du prix du veau fini.

Le poids moyen des carcasses de veaux en hausse modérée

En février, le poids moyen des carcasses de veau a progressé plus doucement d’une année sur l’autre qu’en janvier, à 145,8 kg soit +1,3 kg /2021 (+1,8 kg /2020). Les professionnels attribuent cet alourdissement des carcasses depuis septembre, à un changement de conduite des intégrateurs pour certains veaux dans l’optique de mieux amortir les frais fixes d’abattage.

En février l’âge à l’abattage était cependant stable, à 184,7 jours (= /2021 et +1j /2020).

Des prix néerlandais particulièrement fermes

Aux Pays-Bas aussi, l’offre en veau de boucherie est limitée. Le veau rosé de plus de 8 mois, vendu à 5,08 €/kgéc en semaine 14, est désormais plus compétitif que le JB allemand et italien. Cela dynamise les exports vers ces deux pays en manque de viande, et tire aussi le prix du veau de boucherie pie-noir vers le haut. La progression des cotations aux Pays-Bas est la bienvenue dans le contexte global de hausse des charges.

Depuis début avril, la cotation néerlandaise du veau de boucherie pie-noir s’est stabilisée à un niveau très élevé (+36% /2021 et +39% /2020) à 5,85 €/kg carcasse, sans toutefois atteindre le niveau symbolique des 6 €/kgéc espéré par les intégrateurs.

La production de viande de veau s’établit à 16 000 téc en janvier 2022 (avec 108 000 têtes abattues) en progression de +10% par rapport au mois de janvier 2021, alors marqué par le confinement et la RHD fermée dans la plupart des pays de l’UE. La production néerlandaise demeure cependant en net recul, de -14% /2020, par rapport à la période pré-covid, les mises en place ayant été réduites depuis cette crise sanitaire.

Le prix du veau gras italien a suivi la même tendance haussière depuis le début de l’année, progressant durant le mois de mars jusqu’à 6,50 €/kgéc (+29% /2021).