Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 346 Janvier 2023 Mise en ligne le 19/01/2023

En décembre, les cotations des veaux sont restées relativement stables dans un contexte européen de manque d’offre. La production abattue recule nettement en France, mais se maintient aux Pays-Bas. Les coûts de production sont stables (aliment fibreux) ou en légère diminution (aliment lacté, gaz), suivant la tendance amorcée en fin d’été.

Cotation stable fin 2022 début 2023

En semaine 1 de 2023, le veau rosé clair O élevé en atelier cotait 7,46 €/kg éc, en nette progression par rapport à l’année dernière (+14% ou + 93 cts /2021), mais presque stable (+1 ct) sur quatre semaines. La progression est similaire pour le veau rosé clair R élevé en atelier, qui atteignait 7,79 €/kg éc (+12% ou +84 cts /2021) en semaine 1. L’évolution des cours du veau sous la mère reste moins forte que celle des veaux élevés en atelier. Ainsi, le veau U élevé sous la mère atteignait 9,36 €/kg éc en semaine 1 (+6,5% ou + 57 cts /2021).

À 6,73 €/kg de carcasse en 2022, la cotation annuelle moyenne du veau rosé clair O élevé en atelier a atteint un niveau historique, en nette hausse de +17% /2021 (+97 cts) et +28% /2020 (+1,46 €). Toutefois cette appréciation va de pair avec de fortes hausses des coûts de production. En même temps, la réorganisation de certaines entreprises de la filière a entraîné une offre réduite en veaux gras, ce qui a soutenu la cotation toute l’année. Mi-août, avec la rentrée, la demande a réaugmenté et les cours ont grimpé vivement.

Les prix des animaux de conformation supérieure, commercialisés en boucherie et GMS, ont suivi une évolution plus modeste, les hausses de prix ayant été plus difficiles à passer sur ces produits haut-de-gamme dans le contexte de l’inflation. À 7,11 €/kg éc en moyenne annuelle, cours du veau d’atelier rosé clair R a enregistré une hausse plus modérée, de +12% /2021 (+75 cts). Enfin le veau élevé au pis, rosé clair U, s’est très peu apprécié de +2% /2021 à 8,69 €/kg éc, ce qui a incité certains éleveurs à vendre certains veaux en broutards du fait du dynamisme de ce marché.

Abattages en recul faute de veaux engraissés

En décembre, les abattages de veaux gras ont baissé de -10% / 2021, à 94 000 têtes. Cette situation découle des mises en place réduites début 2022 du fait de la forte inflation des coûts alimentaires et énergétiques, suite notamment à la guerre en Ukraine, et du recul des naissances de veaux mâles laitiers. Ainsi, seuls 1 120 000 veaux gras ont été abattus en 2022, soit 80 000 têtes de moins qu’en 2021 (-6,7%).

Poids carcasse en recul du fait de la fluidité du marché

Les poids carcasse ont fortement reculé en décembre 2022, à 141 kg éc (-3,4% ou -5 kg éc /2021, mais -1,2% /2020). Fin 2021, les abatteurs avaient cherché à alourdir les carcasses pour écraser leurs charges fixes d’abattage. Un an après, la fluidité du marché prime, avec une offre en veaux gras restreinte par rapport à la demande toujours bien présente après la réorganisation de la filière. Les sorties des veaux gras ont donc été anticipées, entraînant un recul des poids carcasse.

En 2022, le poids moyen des veaux de boucherie a reculé de-1,6 kg /2021, à 147 kg de carcasse, mettant fin à de nombreuses années d’alourdissement. Tous les types de veaux ont été allégés : veaux laitiers (-2 kg /2021 à 140 kg), veaux allaitants et croisés (-1 kg chacun /2021) à respectivement 160 kg et 151 kg. Pourtant l’âge à l’abattage est resté inchangé en moyenne à 187 jours.

Baisse des coûts des aliments lactés fin 2022

En novembre, l’IMPAMPA aliments d’allaitement pour veaux s’établissait à 165,6 points, en nette progression par rapport aux années précédentes (+25% /2021 et +49% /2020). En revanche, il a connu un léger repli (-4,5 pts) par rapport au niveau record atteint en juillet, sous l’effet de la baisse des cours des poudres de lait et de lactosérum. En revanche, l’IMPAMPA des aliments fibreux pour veaux a continué d’augmenter, atteignant 151,6 points en novembre 2022 (+27% /2021 et +46% /2020).

Depuis l’été, le cours du Brent de Mer du Nord, dont le propane utilisé dans les ateliers de veaux est un coproduit, est en léger repli (-11% sur un mois), mais reste largement supérieur aux années précédentes (+9% /2021 et +62% /2020). Le gaz naturel a suivi une tendance similaire : stable sur un mois, mais en repli de -5% sur un an.

Aux Pays-Bas, production stable avec des veaux moins lourds

En octobre, les abattages de veaux aux Pays-Bas étaient quasi stables à 114 000 têtes (+0,2% /2021) . En revanche, la production abattue a légèrement reculé, de -2,6% /2021 à 18 000 téc, signe d’une grande fluidité du marché. Sur les dix premiers mois de 2022, les abattages de veaux gras néerlandais ont été portés par le dynamisme de la RHD européenne après deux années d’activité perturbée par le covid-19. Ainsi, les effectifs abattus ont progressé (+3,9% /2021) ta production abattue est demeurée stable (182 000 téc), traduisant là aussi l’allégement des carcasses dû à la fluidité du marché.