Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 357 Janvier 2024

Après deux trimestres difficiles, le marché du veau de boucherie s’est renversé : l’offre en recul a rencontré une demande plus ferme dès septembre. Ce qui a permis une forte remontée des cours et le retour à la normale des poids carcasses. La hausse des cours serait toutefois terminée.

Stabilsiation des cours

En semaine 49, la cotation du veau de boucherie rosé clair O a atteint 5,84 €/kg de carcasse, un niveau voisin des années précédentes (+2% /2018 et -1% /2017). Selon les professionnels les prix des veaux seraient en train de se stabiliser après une progression impressionnante depuis la semaine 34 : +1,03 €/kg. La situation est identique pour la cotation du veau R rosé clair, qui a bondi de 86 centimes en 15 semaines, à 6,33 €/kg en semaine 49 (= /2018 et +0,5% /2017).

Il est habituel d’observer une remontée des cours du veau de boucherie entre septembre et novembre. Cette période est marquée par la réouverture de nombreux établissements de restauration collective et par le retour d’une météo automnale propice à la consommation de veau. La hausse saisonnière de 2019 a toutefois été exceptionnellement forte pour deux raisons principales : d’une part les cours partaient d’un niveau historiquement bas, et d’autre part la reprise de consommation a rencontré une offre peu abondante.

Des abattages en net retrait au 4ème trimestre

Les effectifs de veaux gras abattus en France (corrigés des variations journalières) ont reculé de 5%, à 108 500 têtes en octobre 2019. Cette chute des abattages devrait s’amplifier en novembre selon les premiers chiffres disponibles et perdurer au moins en décembre. Les abattages du dernier trimestre correspondent aux mises en place de veaux du 2ème trimestre. En 2019 ces mois étaient marqués par l’amplification de la crise du veau, avec une cotation en forte baisse et des abattages très retardés. Cette situation a doublement pénalisé les mises en place, la chute des cours décourageant les intégrateurs et les retards de sorties limitant les rotations dans les ateliers. Au final les abattages de veaux au 4ème trimestre devraient reculer de plus de 5% /2018.

Normalisation des âges et des poids

L’alourdissement et le vieillissement des veaux abattus sont des tendances de fond dans la filière veau, que la crise du veau a momentanément amplifiées.  En août 2019 les veaux abattus en France étaient en moyenne âgés de 191 jours (+7 jours /2018) et pesaient 149 kgéc (+4 kgéc /2018). En octobre la situation semble en voie de normalisation, avec un âge moyen de 187 jours, soit « seulement » 2,5 jours de plus qu’en 2018 et un poids moyen de 146 kgéc, soit +0,75 kgéc /2018.

Ce retour à la normale de l’âge et du poids des veaux confirme un équilibre offre/demande sur le marché beaucoup plus favorable aux intégrateurs qui doivent même abattre les animaux plus précocement pour coller au mieux à la demande.

Une situation similaire ailleurs en Europe

La situation de la filière veau de boucherie s’est également fortement améliorée aux Pays-Bas et en Italie. Les Pays-Bas bénéficient de la reprise de la consommation en France et surtout en Italie. Les cotations du veau de boucherie connaissent partout une forte hausse saisonnière (voir Tendance numéro 306).

Des intrants en hausse

D’après les indicateurs disponibles, les coûts de production du veau de boucherie sont en hausse. L’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux a atteint 105,5 points en octobre, soit 8 points de plus qu’en 2018. Cet indicateur, qui n’avait pas atteint ce niveau depuis 2017, se maintient depuis juin au-dessus de sa moyenne depuis 2014. Par ailleurs la cotation française de la poudre de lactosérum pour alimentation animale poursuit son redressement entamé en septembre : à 674 €/t elle reste à -11% /2018 mais +23% /2017.

Divergents depuis le début de l’année, l’IPAMPA et la cotation du lactosérum convergent de nouveau à la hausse depuis septembre. Selon certains observateurs, l’IPAMPA aliments d’allaitement pour veaux accorderait trop peu de poids à la poudre lactosérum et peinerait a représenter l’évolution des pratiques alimentaires des veaux.