Les marchés des produits de l’élevage de ruminants N° 342 Septembre 2022

Les faibles disponibilités, en particulier en vaches laitières et en jeunes bovins, dans un contexte européen similaire, permettent des hausses de prix inédites sur toutes les catégories de bovins. La très forte hausse des charges est toutefois un gros point noir pour les éleveurs. En janvier 2022, l’IPAMPA viande bovine affichait ainsi une hausse de +16% /2021.

Des charges en très forte hausse

En janvier 2022, l’IPAMPA viande bovine (indice des prix d’achat des moyens de production agricoles) se situait au niveau record de 123,5 (+15,6% /2021 et +16,5% /2020). L’indice des aliments achetés était à +13% /2021 et +19% /2020 et celui des énergies et lubrifiants à +41% /2022 et +21% /2020. L’attaque de l’Ukraine par l’Armée russe a engendré à partir de février une envolée des prix de tous les intrants qui laissera des impacts durables sur les coûts de production de l’ensemble des élevages en 2022.

Face à cette inflation globale, les prix des bovins finis ont poursuivi leur hausse. Le prix moyen pondéré (PMP) des gros bovins finis entrée abattoir s’établissait en janvier à 4,17 €/kg de carcasse (+17% /2021 et +20% /2020). Il a encore progressé en février, à 4,41 €/ (+23% /2021 et +26% /2020).

Manque de JB dans l’Hexagone, alors que la demande export reste forte

Il y a toujours peu de JB à abattre en France. Le contexte haussier du marché incite certains éleveurs à différer la vente de leurs animaux afin de gagner à la fois du poids et quelques centimes au kg. Ainsi, sur les semaines 7 à 10, le nombre de JB abattus a enregistré un recul prononcé par rapport à 2021 : -7% pour les JB de type viande et -10% pour les JB de type lait. Ils étaient en moyenne plus âgés que l’année passée : +2 jours pour les JB viande et +3 jours pour les JB lait.

L’ensemble du marché européen est dans une situation similaire, ce qui fait grimper les prix dans tous les États membres et dope la demande adressée aux exportateurs français. En quatre semaines, les cotations françaises des JB ont gagné entre 21 et 32 centimes selon la conformation. Celle du JB U a atteint 5,00 €/kg de carcasse en semaine 10 (+27% /2021 et +25% /2020). A ce niveau, elle reste pourtant très largement devancée par la cotation allemande, à 5,45 €/kg ! Le JB R français cotait 4,83 €/kg en semaine 10 (+28% /2021 et +26% /2020) contre 5,41 €/kg pour le JB R allemand. Le JB O cotait 4,35 €/kg (+31% /2021 et +29% /2020) contre 5,12 €/kg pour son homologue allemand.

Flambée des cours des vaches laitières

Les abattages de vaches laitières restent en retrait (-3% /2021 sur les semaines 7 à 10 d’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev). Non seulement les effectifs de vaches laitières en France étaient toujours en repli de -1,7% /2021 au 1er février, mais le contexte favorable sur le marché des produits laitiers incite les éleveurs à limiter les réformes. Certes, la hausse des charges pèse sur les exploitations laitières, mais le prix du lait se renchérit et redevient incitatif.

Ce recul de l’offre, alors que la demande pour le haché reste ferme, tire les prix à la hausse. La cotation de la vache O a ainsi gagné +39 centimes sur les quatre dernières semaines pour bondir à 4,37 €/kg de carcasse en semaine 10 (+39% /2021 et +44% /2020). Celle de la vache P a gagné +43 centimes à 4,27 €/kg (+46% /2021 et +59% /2020).

Les prix des vaches allaitantes suivent le mouvement

La cotation de la vache U a gagné +18 centimes sur les 4 dernières semaines pour atteindre 5,20 €/kg de carcasse (+13% /2021 et +20% /2020). Celle de la vache R a gagné +28 centimes à 4,84 €/kg (+20% /2021 et + 28% /2020). Ces cotations des réformes allaitantes sont donc toujours poussées par la plus forte hausse des réformes laitières.

Les abattages de vaches de type viande sur les semaines 7 à 10 étaient en baisse de -4% /2021, tout comme ceux de génisses. Cette évolution est en ligne avec celle du cheptel allaitant qui au 1er février affichait une recul d’effectif de -2,9% /2021.

Les prix des muscles importés très élevés et en hausse

Les prix élevés sur le marché européen, alors que le secteur de la restauration en France a repris quelques couleurs, ont conduit à une forte hausse du prix des muscles origine UE sur le marché de Rungis.

Le 11 mars, la bavette d’aloyau semi-parée origine UE était à 9,25 €/kg (+40% /2021 et +30% /2020), le faux filet à 9,75 €/kg (+35% /2021 et +44% /2020), l’entrecôte à 14,85 €/kg (+56% /2021 et +75% /2020) et le filet à 21,95 €/kg (+59% /2021 et +41% /2020).